Le texte ci-dessous n'est pas une critique mais un avis à chaud. Le nombre de caractère étant trop important pour le rentrer dans une annotation de liste, je l'affiche ici. Vous pouvez retrouver l'ensemble de mes avis sur les films visionnés en 2021 sur cette liste : https://www.senscritique.com/liste/Journal_de_bord_cinematographique_2021_classement_avec_annot/2931507
Ils sont peu nombreux les réalisateurs à l'heure actuelle qui parviennent à réaliser un premier long métrage à moins de 20 ans. De mémoire dans les années 2000 je n'ai que 4 exemples (il y en a certainement plus) à savoir Xavier Dolan (j'ai tué ma mère), Nathan Ambrosioni (les drapeaux de papier), Luàna Bajarami (la Coline Ou Rugissent Les lionnes) et Suzanne Lindon qui nous intéresse aujourd'hui.
Ce qui est bien c'est que maintenant j'ai pu constater tous les cas de figure. Du film naïf avec des figures de style pas toujours fines mais avec des idées de mise en scène à foisons et qui laissait inaugurer la naissance d'un grand cinéaste (Xavier Dolan) au film qui a un bon fond mais trop naïf pour convaincre vraiment (Luàna Bajarami) on a ici le film qui n'est même plus naïf mais tellement maladroit qu'il ressemble plus à un naufrage qu'autre chose.
En réalité la première scène est un symptôme du métrage, notre héroïne veut s'émanciper des jeunes de son âge car elle ne partage pas leur vision du monde et elle semble plus proche des amis de sa grande sœur. Sauf qu'au lieu d'être isoler dans le cadre pour témoigner le malaise elle est ici plein cadre au milieu de jeune dont on discerne assez peu les brides de conversation. Cela signifie deux choses. Les conversations des jeunes de mon âge sont inintéressantes je vais donc pas les partager au spectateur.
Je suis en plein cadre donc je suis supérieur à ses petits jeunes et je suis tellement plus mature. Le problème c'est que le film n'ira jamais plus loin que ce postulat de la première scène car le film ne raconte rien. Son histoire d'amour avec un homme du double de son âge fait du surplace, les dialogues sont insupportables de niaiserie et font irréalistes au possible et les personnages semblent pour ainsi dire inexistants. Le film a quelques bonnes idées que ce soit sa scène de danse au bar plutôt belle qui montre que nos deux tourtereaux sont connectés ou encore l'utilisation du rouge notamment sur le diabolo grenadine qui fait d'un côté écho au film diabolo menthe et qui de l'autre montre la passion amoureuse des deux protagonistes.
Malheureusement la encore c'est soit gâché par d'autres scènes de danse inutile ou par le fait que l'héroïne explique la signification de la couleur rouge. Côté acteur, Suzanne Lindon est vraiment mauvaise et vu qu'on ne voit quasiment qu'elle, c'est assez gênant et les autres acteurs sont fantomatiques car ils n'ont rien à jouer.
Au final, si le film ce plante sur la forme il se plante encore davantage sur le fond car le film qui devait raconter une l'émancipation d'une jeune femme qui se rêve adulte trop tôt et qui n'est pas en phase avec la jeunesse d'aujourd'hui se transforme sur la vie inintéressante d'une lycéenne qui se sent supérieur aux gens de son âge car elle a d'autres centres d'intérêts et que son « crush » plus âgé l'aime aussi. Comme quoi, entre les intentions de base et le résultat il y a parfois un monde.