Dans le premier long-métrage de Suzanne Lindon, le personnage principal est interprété par la même Suzanne et s’appelle, tiens, Suzanne. Elle a même un poster “Suzanne” dans sa chambre donc on comprend vite qu’on va se farcir de la Suzanne à tous les plans, culte de la personnalité oblige.
Elle est un peu garçon manqué (mais elle met des mini jupes), boit des diabolos grenadine, s’ennuie avec les gens de son âge donc s'entiche d'un "vieux", fait des chorés dans la rue (parce qu’elle est trop «bizarre»), ne sait pas se mettre du mascara (forcément c’est une intello) et ses parents sont toujours trop gentils (à la limite du morbide)
Voilà ça résume les 1h10 de film que je viens de découvrir en VOD avec… stupeur (et tremblements). Cannes, really?
Je suis impressionnée par l’aplomb et la confiance de cette jeune femme qui n’a apparemment rien à dire mais… elle le dit quand même! Quand 99,99% des jeunes gens se contentent de gribouiller un journal intime ou consulter un psy, Suzanne Lindon (l’effrontée) tourne un film. On est content pour elle. Il faudrait que sa (grande) famille lui rappelle que le cinéma on le fait aussi pour les autres même quand on parle de soi.