"On n'est plus au bureau, Bradley."
Sans doute ce que Sam Raimi nous a proposé de mieux au cinéma depuis «Jusqu'en Enfer» en 2009 (!).
Un accident d'avion. Une île déserte. Et un rapport de force qui va s'opérer et se renverser entre les deux seuls survivants : le nouveau patron d'une grosse société et l'une de ses cadres du service "stratégie et planification". Et une nouvelle preuve qu'il ne faut pas se fier aux apparences et ne jamais sous-estimer quiconque.
Un survival à ciel ouvert, terrain de jeu d'un duel qui mélange les genres et joue avec nos attentes pour mieux les prendre à contre-courant. Un jeu de dupes en mode série B de plus en plus assumée (à l'image du jeu parfois volontairement excessif de Dylan O'Brien), où cette île devient une prison pour l'un, une nouvelle vie pour l'autre.
Entre domination, confiance et manipulation, un «Robinson Crusoé» qui déraille, quelque part au croisement de «Seul(s) au Monde», «Misery» ou encore «6 jours, 7 nuits», et dominé par une Rachel McAdams qui prend beaucoup de plaisir à jouer l'employée solitaire aux ressources insoupçonnées, passant de la victime invisibilisée à la survivante déterminée ("ne prends jamais ma gentillesse pour de la faiblesse.").
La seconde satire (plus sanguinolente) de la semaine, qui se conclura par un jeu de massacre assez fun et outrancier, où Raimi retrouve en partie l'énergie formelle qui s'était dilué dans ses derniers films.
Sans atteindre les sommets de sa filmographie, le cinéaste revient à ses premiers amours (et ce malgré quelques CGI qui laissent à désirer), avec ce "huis-clos" à l'humour noir et à la tension délurée grandissantes, et qui se conclura de manière assez immorale, mais finalement assez logique.
Bref, un très chouette divertissement qui assume ce qu'il est. 7-7,5/10.