Désolé, mais si ça n'avait pas été Raimi derrière la caméra, personne n'aurait donné du crédit à ce film ultra bancal.
Alors oui, c'est plutôt malin de vouloir renverser le récit de survie lambda. Oui, ça fait toujours plaisir de déconstruire la hiérarchie capitaliste. Et oui, il y a quelques fulgurances gores assez sympas. Mais qu'est-ce que c'est plat et prévisible... Tout est balourd, les gags, les caractérisations, les jumpscares.
Je comprends les intentions de l'œuvre, de vouloir confronter deux purs produits de son époque, au sein de ce monde aliéné. Avec Linda qui va jusqu’à évoluer physiquement lorsqu’elle sort de cette bulle capitaliste, passant de laide au bureau à belle dans la supposée détresse. Mais, même si son personnage évite (heureusement) l'écueil manichéen de la douce innocente, son traitement est encore une fois trop simpliste. Aussi excellente soit-elle, Rachel McAdams n'incarnera que péniblement cette déconstruction du patriarcat, qui se mue d'ailleurs en une morale un brin douteuse...
Enfin, visuellement, hormis les traditionnelles ruptures de ton par transitions chez le bonhomme, c'est affreusement convenu (pour ne pas dire très laid). Le tout-numérique ferait rougir de jalousie les pires exactions du MCU, et l’ensemble est tellement peu inspiré dans son esthétique que l'on aurait pu imaginer n’importe quel yes man aux commandes.
Bref, une énorme déception, pour un objet que tout le monde semble encenser. J'ai vraiment eu l'impression de revoir Companion, l'un des phénomènes horrifiques de 2025 qui m'avait déjà paru complètement anecdotique.
3,5/10
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