Send Help
6.4
Send Help

Film de Sam Raimi (2025)

Il y a bientôt 40 ans, Sam Raimi est devenu l'un des grands noms du film d'horreur sanglant et déjanté, grâce à sa trilogie Evil Dead. C'était bien longtemps avant qu'il ne s'enlise dans le purgatoire des films de commande de superhéros et cesse presque définitivement d'écrire ses propres scripts. Pourtant, entre un Spiderman et un Doctor Strange, il lui arrive encore de réaliser un film original qui ne s'inscrit dans aucun multivers de mecs en collants.


Send Help est l'un de ces projets, et même si son précédent effort, Drag Me to Hell, ne m'avait pas tout à fait convaincu, c'est avec une vive curiosité que je suis allé le regarder en salle, pour voir si Raimi en avait encore dans le slibard. J'en ressors à peu près convaincu, car j'ai passé un bon moment malgré quelques défauts non rédhibitoires.


Après sa longue carrière dans les produits pour ados (Teen Wolf, The Maze Runner), c'est la première fois que je vois Dylan O'Brien dans un film plus adulte, et il s'en sort bien dans son rôle de jeune patron toxique et imbuvable. Rachel McAdams me laisse aussi indifférent que dans True Detective, et j'en sors avec l'impression que le film aurait pu avoir plus de mordant avec un meilleur casting, et une meilleure alchimie entre ses protagonistes.


Sam Raimi est à la barre, et ça se sent : bien exécuté, bien monté, le film fait preuve d'une belle énergie et d'un zeste de cruauté bienvenue. Dès la scène de l'avion, on sent que le film a envie de taper fort et qu'il ne ménagera pas ses personnages, et ça se confirmera amplement. On peut lui reprocher quelques rares moments un peu nuls ou attendus (l'inévitable jumpscare onirique qu'on voit venir à des kilomètres), mais c'est contrebalancé par les bons moments, avec notamment une scène de vomi absolument réjouissante et un humour noir joyeusement assumé.


[SPOILER]

Le synopsis m'avait fait craindre un énième brûlot paresseux et démonstratif sur le thème à la mode : tous les hommes sont des salauds. À ma grande surprise, la relation des deux protagonistes ne se limite pas à "un patron odieux abuse de son employée", et le film est loin d'être aussi manichéen et unilatéral qu'on aurait pu le croire en regardant la bande-annonce.

La force du film est qu'il trouve un équilibre subtil en mettant en scène deux personnages résolument antipathiques, qui se méritent l'un l'autre. D'un côté, on a Bradley, le patron égocentrique et imbu de sa personne, qui incarne tout ce qu'il peut y avoir de repoussant dans la culture corpo misogyne et son népotisme en roue libre. De l'autre, on a Linda, l'employée carriériste et forceuse qui suinte le cringe dès sa première apparition, et se révèle être une psychopathe meurtrière qui séquestre son patron et le tourmente pendant plusieurs semaines.

Les deux sont résolument horribles, et les voir s'entre-déchirer n'en est que plus savoureux. Mais au final, je suis agréablement surpris que Linda soit la vraie 'méchante' de l'histoire, tandis que Bradley se contente d'être un odieux connard du début à la fin. Plutôt qu'être une victime, Linda s'avère être une crevure toxique, comme lui, mais le film brouille sans cesse nos repères moraux en nous rappelant à quel point Bradley mérite ce qui lui arrive.

Ezhaac
7
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le 10 févr. 2026

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