Le film démarre très bien avec une Rachel McAdams volontairement enlaidie qui m’a immédiatement fait penser à Michelle Pfeiffer dans Batman Returns. Il y a aussi quelque chose de très “goofy” dans son énergie, un petit côté Bruce Campbell période Evil Dead 2 ou Jim Carrey dans Batman Forever et aussi d'Uma Thurman en Poison Ivy pour rester dans les comparaisons avec batman 😅. Bref on est clairement dans un registre cartoon assumé.
Le rapport entre elle et son patron m’a également rappelé la dynamique Pfeiffer / Christopher Walken : une femme brillante coincée dans un environnement hostile dominé par des figures de pouvoir monstrueuses qui méprisent ceux grâce à qui ils existent. Puis survient le crash d’avion qui inverse totalement les rôles. Le rapport de force bascule.
Cette fois c’est elle qui se retrouve dans son élément. Progressivement elle devient le “monstre”.
Elle semble comprendre que son patron ne changera jamais même si après leur soirée alcoolisée on perçoit chez elle un espoir car il est révélé que tout n’est pas entièrement de sa faute, que son environnement familial a fait de lui un monstre...peut-etre peut-il être sauvé...ou pas.
Au final même lorsqu’on croit à un possible changement du patron il reste campé dans sa méchanceté ce qui donne lieu à des scènes très drôles. Après ça elle n'a plus le choix que celui d'accepter qu’il restera ce qu’il est. Pourtant elle le garde auprès d’elle, le séquestre parce qu’elle est désormais en position de force. Elle préfère rester dans cet environnement qu’elle maîtrise quitte à franchir toutes les limites pour ne pas revenir dans le monde d'avant. Il y a quelque chose de profondément ambigu dans ce choix : mieux vaut être en contrôle même dans la toxicité que redevenir vulnérable.
Comme souvent chez Sam Raimi les personnages sont très cartoon. Celui incarné par Rachel McAdams est excellent, totalement investi et capable de passer du grotesque à quelque chose de plus inquiétant. En revanche même s’il ne démérite pas Dylan O’Brien paraît plus limité. Il a quelques scènes où il aurait pu transcender son personnage comme elle le fait mais ça ne prend jamais vraiment.
Même constat du côté de Danny Elfman : il alterne entre le très bon, le correct et parfois des passages un peu à côté.
Raimi nous offre un crash d’avion très réussi et quelques scènes vraiment mémorables. Mais il y a aussi un ventre mou avec des passages assez plan-plan. Certaines scènes malaisantes sont hilarantes, d’autres sont juste en ennuyantes.
Bref rien n’est à jeter loin de la. Mais tout n’est pas parfaitement aligné non plus. Il manque cette petite étincelle, cet alignement des talents pour que le film dépasse le simple bon moment.
6,9/10