Difficile de comprendre certaines réserves lues ici ou là : le film m’a franchement embarqué. Là où on pouvait craindre un survival balisé, Sam Raimi déjoue constamment les attentes et imprime au récit sa patte si singulière — un mélange de cartoon outrancier et de gore jubilatoire.Le duo central fonctionne à merveille : deux magnifiques “enflures”, jamais réhabilitées, contraintes de survivre sur une île malgré le poids de leurs propres échecs. Mention spéciale à Dylan O’Brien, qui confirme son charisme et son sens du rythme à l’écran.Raimi transforme ce qui aurait pu être un survival monotone en terrain de jeu cruel et ludique, relançant sans cesse la dynamique jusqu’à un final qui évoque, dans un autre registre, Les Naufragés avec Daniel Auteuil.Un film méchamment réjouissant, qui assume ses personnages antipathiques et son énergie excessive sans jamais chercher l’excuse morale.