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Film de Sam Raimi (2025)

Je me permet d'écrire une petite critique car je sors de ce film avec un sentiment, une sensation, de plus en plus prégnante chez moi, à savoir que le cinéma américain "mainstream", véhicule d'un soft power auquel j'ai été biberonné depuis le berceau, ne me procure plus l'effet escompté, voire provoque chez moi une certaine aversion, comme une sorte d'allergie psychique et morale.

C'est un film, à 200 % américain, totalement banal et typique, sur plusieurs plans.

Tout d'abord, la forme.

C'est peut être fait exprès, mais les décors sont hyper vulgaires, dégoulinant de couleurs criardes saturées, d'images de synthèse toutes moches, pourries.

Cette île témoigne d'une vision mélangeant le carton pâte, un camaïeu de coloris chimiques tels les glaces dégueulasses des drive in, les hamburgers dégoulinant de sauce fluo à moitié vénéneuse.

Tout est totalement factice, et horriblement moche, de surcroit.

Sam Raimi imagine cette île comme un pionnier colon qui fantasme sur un ailleurs lointain, un peu comme un Disney "Ice" Land tropical digne d'un dépliant du Club Med.

C'est grossier, très grossier, et bourré de clichés enfilés comme de gosses perles mal dégrossies.

Cette île est une sorte de Guantanamo enjolivé pour un Tarzan qui aurait déconné avec Epstein.

Je passe les bestioles en image de synthèse sorties d'un Amiga 500 ou un CPC 6128 (c'est ma génération), et les scènes de baston sanguinolentes.

Ca suinte la version porno chic du film gore.

On est loin de "Braindead" ou "Cannibal Holocaust".

Oh que oui !

C'est une violence light, politiquement correcte, qui, au final, n'apporte strictement rien au propos du film.

Elle y est même glorifiée, comme une condition de la survie dans un ordre naturel gouverné par la sacro sainte concurrence.

On y retrouve tout l'imaginaire du darwinisme social promu et imposé par le "Saint Empire du Grand Occident" (et pas que...).

Only the strong survive !

Ensuite, le scénario, l'histoire en tant que tel.

Et là, franchement, le simplisme brut made in USA se manifeste dans toute sa splendeur manichéenne idiote.

C'est l'empire du Bien contre le Mal.

Cette meuf est une amazone à la Briget Jones, une Wonder Woman 2.0 venue de chez Nature et Découvertes.

Là où "Triangle Of Sadness" amène une situation analogue à travers une caricature au vitriol, certes frontale, mais beaucoup plus subtile, des rapports de classe, Sam Raimi pose un postulat de départ caricatural, certes, mais ultra primaire, comme un long spot de publicité.

Et tout le film est comme ça, oscillant entre comédie et satire des rapports de classe et du patriarcat, poussant la forme et détriment du fond.

Les dialogues sont ultra convenus, anti philosophiques, sans épaisseur réelle, comme dans un mauvais épisode de Friends ( (c'est un pléonasme)

D'ailleurs, le coup de la petite employée de bureau, génie absolue du survivalisme. Encore une fois, c'est ultra simpliste.

Car le message, ou plutôt, la morale, l'idéologie, véhiculée par cette œuvre, venue du peuple dont la Destinée est manifeste, doit toucher les pauvres spectateurs colonisés que nous sommes.

Et bien la leçon, c'est que le patriarcat c'est peu être mal, mais l'utra capitalisme, dans toute sa violence, c'est super chouette.

"No Other Choice", pour citer le dernier film de Park Chan-Wook, résume bien le propos de l'œuvre de Sam Raimi, dont le message est en quelque sorte l'antithèse du sud coréen. Et si Sam Raimi a voulu aller dans le même sens, alors il a complètement raté son but, et la séquence de fin, me fait fortement douter de cette hypothèse.

La femme américaine libérée de la domination masculine..... domine.

Super, n'est-ce pas?

Elle prend simplement la place de l'homme dominant, qui exploite les corps, les consciences, uniquement mu par l'appât du gain et le pouvoir.

C'est une femme américaine, puissante, forte, capitaliste, dominatrice, violente, impérialiste, cruelle, vulgaire, superficielle.

Le sexe change, l'empire américain demeure.

C'est comme si Sam Raimi avait fait un film démocrate, à la manière d'un Obama, un renoi, à la cool attitude, le plus grand meurtrier par drone de l'Histoire, qui a simplement poursuivi la politique hégémonique des USA dans le monde, notamment l'asservissement de ses soi disant frères noirs d'Afrique.

C'est un film WOKKKE, en gros, totalement autocentré, narcissique.

C'est peut être une ode à Hillary Clinton, Oprah Winfrey ou Michel Obama, mais certainement pas à Angela Davis, Nina Simone ou encore Ella Baker, pour ne citer qu'elles.

Voilà pourquoi je supporte de moins en moins ce genre de film, avec cette morale débile et mortifère, une sorte de fascisme moderne.

Je déteste définitivement le golf.

PS:

Si Raimi avait choisi une héroïne racisée, ou encore un duo d' homosexuels, ou de trans, une dose de souffre aurait peut-être jaillie de son œuvre.

Il à dû s'embourgeoiser.

Eklektik
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le 2 avr. 2026

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Eklektik

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