1937, alors que l'armée japonaise bombarde de nuit Shanghai à la suite de la guerre, une chanteuse et un violoniste se réfugient sous un pont : malgré la tragédie ainsi que la pénombre qui les empêche de voir réellement leur visage, le coup de foudre est instantané, et ils se jurent de se retrouver au même endroit. Sauf que les tourments de la guerre sino-japonaise va les éloigner, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent dix ans plus tard, avec une situation qui a changée.
Shanghai Blues est un film cher à Tsui Hark, non seulement parce que c'est sa première production par la Film Workshop, sa société de production, mais aussi parce que c'est le préféré de toute sa carrière. Et quand on sait ce qu'il a réalisé, dont ce chef d’œuvre qui est The blade...
On sent une forte inspiration occidentale, notamment Douglas Sirk ou Vincente Minelli, mais il faut dire que les dix premières minutes sont magnifiques. Si tout le film était au niveau de ce début, avec cette rencontre sous le pont où Kenny Bee et Sylvia Chang se rencontrent, sans pouvoir se regarder, seulement en se touchant le visage, et que les circonstances vont les séparer, une foule immense, c'était là aussi un sommet du mélo. Sauf que le réalisateur est parti sur quelque chose dont on parle assez peu, qui est que c'est surtout un film comique. Et là, je dois dire qu'entre des scènes lourdingues, comme une souris planquée dans les habits d'une jeune femme, et un scénario parfois languissant, avec un quiproquo amoureux où une tierce personne va être impliquée dans cette histoire, la déception est assez grande.
Certes, c'est très bien joué, les deux acteurs principaux sont touchants, mais ce manque de sérieux qu'implique le mélo m'a un peu refroidi. Et j'en suis navré au vu de la réputation du film...