Scénario concocté par John le classieux pour Sean l'incandescent, tourné par Nick (en famille (Cassavetes) donc).
Ce "Siberian Mist", confluence de divers alcools kamikazes et crèmes aux millibars les plus barrés s'avère à la démesure de ces personnages barges, tendus entre spleen et speed, tout en maladresse, détresse, incessante quête.
Insolence, humour ravageur, défi lancé à l'amour conjugal, maternel, Eddie (Sean Penn) ose tout pour Maureen (Robin Wright (Penn)). Les années ont passé, la Maureen titubante aux ongles vernis écaillés, la traîtresse, la délatrice s'est rangée, métamorphosée en épouse, mère de famille lissée.
Joey (John Travolta) si rassurant, si raisonnable, éclate lorsque l'incendie émotionnel que l'on croyait éteint, se rallume.
"On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l'ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux..."
Les enfants écoutent "leur second meilleur copain... parce que les meilleurs copains, on peut en changer, les seconds meilleurs copains, jamais", c'est ce que dira le père en partance à son fils. Ce n'est pas une rupture, pas une déchirure, ni un abandon mais une promesse.
Comme un torrent, des fleuves d'amour, Love Streams (John Cassavetes, 1984)