On devrait s'interesser davantage au cinéma allemand.
Ici ce n'est pas à proprement parler un grand film. Il reste moyen, assez standard, mais il a quand même quelques astuces de scenario et de montage qui ont leur intérêt ;
Le long métrage de D. Rakete Siegel, avec et co-écrit par D. Moschitto, présente l'engrenage dans lequel tombe un ancien médecin qui a quitté l'exercice de la médecine classique, du fait de son addiction aux drogues, pour ne soigner que des gens de la mafia et de la pègre de Cologne (Köln). C'est beaucoup plus lucratif mais forcément plus risqué. Le film suit cette spirale d'évènements qui entrainent graduellement le protagoniste toujours plus bas.
En soit le scenario est simple. Les prises de vues sont efficaces et le montage adapté à faire monter le suspense tout au long du film. On passe d'un business - certes non conventionnel - où le médecin exerce son serment d'Hypocrâte avec conviction (= je soigne qui a besoin sans distinction et sans jugement), à une dérive où il est contraint de jouer au justicier et de prendre parti. On comprend que ce n'est pas par choix, mais le revirement est rapide et assez peu crédible.
Dans ce cadre, ce que je n'ai pas aimé, c'est le peu de subtilité autour de ce revirement. On accumule la violence de manière assez froide et de manière crescendo, sans s'attarder sur le cheminement psychique. Et pour moi il y a alors une sorte de dérive vers un scenario qui fait un tantinet téléfilm. Les acteurs passent trop vite d'un statut plutôt positif à un statut de bad guy (le cas le plus évident est le pote médecin coach sportif !).
Ce que j'ai aimé en revanche, c'est que malgré ce que je viens de dire, les scénaristes n'ont pas cherché au plus simple. C'est la sœur (bien jouée par l’actrice à succès outre Rhin Aene Schwarz) qui fait les frais de l'ensemble alors que c'est un des rares élément humain du scénario. Le héros ne s'en sort pas forcément non plus à tous les coups. Enfin, ce qui est vraiment bien est que le montage fait la place à des moments de silence et d'introspection. C'est rare pour un film d'action où le but (avoué ou non) est d'avoir le plus d'action possible, et donc supprimer les temps morts. Ici il y a quelques moments de vide apparent, qui donne un peu d'âme au film (la séquence de fin est à cette image !). Enfin, pour une fois la partie médicale n'est pas traitée avec des clichés tellement gros qu'ils en font perdre toute crédibilité (le plus souvent on met une blose et un steto mais on ne crois pas une seconde que l'acteur est médecin, ici c'est relativement crédible).
Pour ceux que cela intéresse : j’ai cherché : le Pembrolizumab et l’obinutuzumab sont bien des anticorps sur le marché. Le premier un anti PD1 assez large spectre, le deuxième un anti CD20 indiqué dans certains lymphomes. Le médecin donc à raison de ne pas accepter le deal avec le petit revendeur. Le premier anticorps ne remplace pas le deuxième avec le même dosage !!!
Donc au final, pas un grand film, relativement efficace, sans plus. Quelques frustrations et quelques trouvailles bienvenues.
On devrait en effet s'inspirer plus souvent du cinéma Allemand (je l'ai déjà mentionné dans certaines autres de mes critiques...).