J’aimais beaucoup Jean-Louis Trintignant mais force est de constater qu’il n’a pas tourné que des chefs d’œuvre. Je n’avais jamais entendu parler ce celui-là et la curiosité m’a poussé à le regarder. Je comprends mieux à la fin pourquoi ce film est dans les tréfonds de sa filmographie, loin derrière « Z » de Costa-Gavras et « Ma nuit chez Maud » de Rohmer, deux des autres films qu’il a tournés en 1969. Il s’agit d’un film italien au casting international (Horst Frank, Carroll Baker…) réalisé par Umberto Lenzi, qui nous laisse un immense paquet de navets (thrillers, films de cannibales, de guerre…). Trintignant est ici Jean Reynaud, riche industriel qui ne prend plus de plaisir avec sa femme et multiplie les conquêtes. Jusqu’à ce qu’une jeune Américaine emménage dans l’appartement situé au-dessus le sien. Cette nouvelle locataire l’intrigue au départ puis finit par l’obséder. Voilà, un degré très bas de suspense puisque l’intrigue est cousue de fil blanc. On ne peut vraiment pas classer ce film dans la catégorie du giallo, typiquement italien, car on ne voit pratiquement pas de sang du tout (trois tâches par terre !) et on est loin des chefs d’œuvre de Mario Bava et Dario Argento, autrement plus dérangeants. Ici, on sent que Lenzi lorgne vers Hitchcock mais sans avoir le millième de son talent alors évidemment, l’ennui survient vite, très vite, dès les 1ères minutes, tiens ! Les dialogues sont d’une platitude affligeante ; quant à Trintignant, loin de ses plus grands rôles, il est expressif comme une porte de prison et ne semble pas beaucoup s’être investi dans ce tournage. J’ai vérifié, il a tourné six films rien qu’en 1969 alors impossible d’être convaincant dans chaque ! Un film sans doute alimentaire plein de clichés et pas franchement intéressant.