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Apocalypse Ñow
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le 10 oct. 2015
Je me suis dit, regardons un film de flics vs trafiquants, pourquoi pas.
Ça commence, il y a de l'action et de la violence.
Dès la première demi-heure j'ai envie de crier sur mon siège tellement c'est mal fait : des moyens considérables sont mobilisés, des dizaines de voitures de police mexicaine, des gros flingues, des grosses voitures qui roulent à fond... pour rester bloquer dans les bouchons au retour ???? Mais ça casse tout l'intérêt et ça ne rime à rien ! En plus si les méchants n'étaient pas posés dans leur voiture à attendre que les policiers leur tombent dessus ils auraient été dans une très mauvaise posture.
Le personnage principale est une agente du FBI SWAT qu'on présente au début lourdement armée face à des malfrats, qu'on recrute pour une mission vachement risquée avec des mecs vachement costauds et des flingues vachement puissants (on dirait une pub masculiniste « toute l'énergie dans la testostérone, zéro dans le cerveau »)... et elle passe le reste du film avec un pistolet et un gilet pare-balles de policier municipal c'est tout. Où est la logique ???
Son personnage est assez mal écrit, on se demande à quoi elle sert. La romance est ridicule au plus haut point. « Ce type est peut-être un traître... il faut se méfier... ils nous mènent en bateau... et sinon un soutien-gorge sexy ça t'irait bien ! »
Le film montre un essai d'opération combinée avec de la « guerre des polices » (police mexicaine, DEA, FBI, CIA, US Marshalls, border patrol...) un classique du genre.
Ajout intéressant du film, la vie de famille d'un policier mexicain, avec la femme, le fils qui joue au foot. Ça humanise le personnage. C'est bien pensé je trouve.
Beaucoup de vues aériennes, c'est intéressant comme point de vue. Attention, c'était limite trop.
Le son est très (trop ?) fort. À ranger dans la catégorie « grosse testostérone ».
Les lunettes de vision nocturne sortent d'un jeu vidéo, les traces de pas des gens qu'on suit brillent la nuit. Totalement irréaliste, là encore j'ai eu envie de crier à la facilité scénaristique derrière mon écran.
Les passages espagnol sont visiblement écrits par quelqu'un qui s'est servi de Google Traduction. À un moment le personnage dit qu'il parle en "castellano", c'est-à-dire castillan, c'est comme ça qu'on appelle la langue espagnole en Espagne. Un Mexicain ou un Américain moyen dira "español", mais jamais "castellano". Là c'est comme si je voyais un film sur des policiers et des gangsters français qui diraient « tabarnak, on va le pogner, ce niaisé ! » sans jamais avoir mis un pied au Québec ou avoir rencontré un Québecois. Ça ruine totalement le passage.
Total, des scènes d'action, de la violence et de la cruauté beaucoup mise en avant, pour... quoi ? Le scénario est bien filandreux.
Maintenant un truc qui m'a frappé à la réflexion, deux jours après avoir vu le film. Donc j'édite la critique et je diminue la note. Le film est empreint d'un racisme anti-Mexicain monstrueux. Les Mexicains boivent un peu d'alcool, c'est mal selon les normes américaines ! (par contre on ne voit pas un seul instant d'Américain se droguer, on se demande à qui le cartel vend la drogue). La police pose devant des cadavres suspendus et profanés. Évidemment ce n'est pas eux qui ont fait ça (et ça m'étonnerait que les cartels fassent ça souvent et que ça reste tranquillou pendant des jours en plein air). Mais le message est là : les Mexicains, c'est des sauvages comme dans Pocahontas de Disney. En plus ils sont tous corrompus, c'est répété au fur et à mesure du film. On ne peut pas leur faire confiance à ces gens-là.
Les Américains sont beaux, musclés, bien armés, riches. Les Mexicains ont des maisons miteuses, ne font que jouer au foot (véridique, les seuls activités des Mexicains montrées dans le film à part faire partie d'un cartel c'est le foot). On montre un groupe de pauvres hères qui a essayé de passer la frontière dans l'espoir d'une meilleure vie pour... bien montrer la supériorité américaine sur les inférieurs ???
Finalement, être Américain c'est être meilleur, et avoir le droit de couvrir des exactions et exécutions extra-judiciaires contre des civils. Il y a bien le personnage principal qui va un peu gueuler parce que gnagna la procédure, mais bon à la fin on accepte bien que massacrer des innocents ça vaut bien le coup pour se venger d'un coupable. La morale est sauve. Ou pas.
Les Américains sont quand même en train de couvrir un type qui tue une femme et des enfants désarmés, enlève un policier mexicain puis l'abat dans le dos alors qu'il est désarmé... Ce serait logique que le type prenne perpet' ou peine de mort, même si la fin du film est ambiguë.
Et la fin est magnifique, ça rafale et ça meurt de partout... du côté mexicain de la frontière ! Allez, nous on a fini notre mission, on retourne bien tranquilles aux USA, on vous laisse le désespoir la violence et la misère. Bisous !
Créée
le 15 sept. 2025
Modifiée
le 15 sept. 2025
Critique lue 8 fois
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