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le 10 oct. 2015
SuivreApocalypse Ñow
Ce qui fait de Denis Villeneuve, depuis maintenant quelques années, une véritable valeur sure du cinéma nord-américain, c’est qu’il est tout sauf un pur produit hollywoodien. Prisoners n’était pas...
J'avoue que j'y allais méfiant, méfiant... mais intrigué. Je ne savais rien du film si ce n'est qu'il y avait Blunt et que ça parlait du Mexique et j'adore Emily Blunt qui fait partie des actrices qui peuvent sauver un film par leur seule présence : l'agence, looper, ou qui peuvent sublimer un film déjà bon : The Edge of Tomorrow. Et le film est vraiment très bon. Alors j'ai d'un côté envie de dire tout ce qui fonctionne dans ce film, mais j'ai quand même quelques points noirs à soulever et qui concerne Blunt... enfin surtout l'écriture de son personnage, voire même l'écriture "globale" du film.
En fait on est directement pris dans l'action, c'est très violent, intense, mais une intensité plausible ce qui renforce le côté on ne peut plus viscéral du bidule. Et dès que ça bouge c'est juste parfait, intense comme rarement un film d'action a pu l'être, entre l'attente du moment où tout va péter, la musique très bien dosée et la mise en scène plaçant la caméra là où il faut, quand il faut.
Cependant j'ai un petit souci avec le film c'est le personnage de Blunt, alors je sais bien qu'il faut dans ce genre de film un personnage novice auquel le spectateur peu s'identifier, un personnage droit dans ses bottes, etc. Et si Villeneuve joue avec le côté didactique du film en faisant exprès de laisser le personnage de Blunt et du coup le spectateur dans le noir pour qu'on soit comme elle immergé sans avoir toutes les infos qu'il faudrait avoir et encore plus à l’affût de l'inattendu... Mais voilà le personnage de Blunt n'évolue pas... je ne parle pas forcément du fait qu'elle reste toujours un peu à l'écart de l'excellent duo Del Toro/Brolin, mais au niveau morale, elle n'essaye même pas de comprendre. Alors je sais que la majorité des gens ne peuvent pas comprendre et encore moins cautionner ce qui peut se passer dans le film... Mais disons que là elle est juste un peu lourde. Alors ça passe bien car c'est Blunt qui le joue et qu'elle a forcément un côté attachant, mais une autre actrice l'aurait joué, j'aurai eu des envies de meurtres.
Surtout qu'en fait son point de vue est déjà représenté par son partenaire qui du coup est un peu inutile.
Après j'aurai un léger reproche à faire sur le personnage de Del Toro, je n'aime pas forcément l'idée de lui donner un passé explicité. On avait compris, pas besoin de faire perdre l'aura de ce personnage qui écrase tous les autres lorsqu'il est à l'écran. Alors c'est sans doute pour le nuancer, lui donner à la fois un côté humain et montrer l'absurdité du ressentiment, mais disons que c'était prévisible et pas forcément utile. On avait compris sans ça. Après c'est pas "grave" ça n'entache pas la qualité du film, mais ça reste un peu maladroit. Surtout que le reste du film évite de traiter son spectateur comme un imbécile qui ne pige pas sans un gros dialogue bien explicatif. On évite le flashback, c'est déjà ça.
Je n'ai pas trop aimé également tout ce que signifie dans le même genre le dernier plan où on voit Del Toro... Pareil, c'est trop évident.
Du coup c'est plus au personnage de Brolin que je me suis identifié, un type en claquettes qui semble tout prendre à la rigolade et un peu cynique.
J’émettrai des réserves également sur l'histoire parallèle chargée de symbolique sur la famille mexicaine. Pourquoi rompre de manière si grossière le ton du reste du film qui adopte le point de vue de Blunt ? Alors pour la toute fin (ou le passage avec Del Toro), je comprends la rupture du point de vue, même si le plan sur le lit est on ne peut plus dispensable, trop évident et cliché...
Je trouve que ça sort plus du film qu'autre chose.
Reste que le dernier plan même si assez beau ne me semble être là que pour contrebalancer, que pour se dédouaner de l'action des personnages.
Ceci dit ça reste un bon voire un très bon film qui arrive à scotcher au fauteuil, mais pas parfait... loin de là.
Créée
le 7 oct. 2015
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le 10 oct. 2015
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