C'est l'histoire d'un adolescent qui veut conquérir la plus belle fille du coin en lui assurant qu'il chante dans un groupe de rock. Et puis ? Et puis, c'est tout, car avec un mélange de romantisme, de musique et d'humour, John Carney (Once) livre un petit film qui est grand, sincère, tendre et avec un coeur gros comme ça. Ne pas croire : l'argument de Sing Street a beau sembler simpliste, voire déjà vu, il est encadré par une toile de fond signifiante et pas franchement gaie dans le Dublin en crise des années 80 : la pauvreté et le chômage auxquels s'ajoutent pour le héros faillite conjugale de ses parents et formation à la rude dans son école. Le conte social a du sens, les adultes sont embourbés dans leur existence et les plus jeunes, du moins certains, vivent la leur comme une aventure où les rêves sont faits pour être exaucés. Tout cela est d'une sincérité absolue et plaisamment naïve et surtout sous-tendu par une énergie électrisante où une cargaison de tubes des années 80 (Cure, Spandau Ballet, Jam) se mêle à une B.O juvénile et contagieuse, du genre à taper des pieds dans son fauteuil. Quant à l'interprétation, elle est juste parfaite avec en particulier des seconds rôles joliment écrits (le frère et la petite amie du personnage principal). Feel-Good ou Teen-Movie, qu'importe, il y a dans Sing Street une fraîcheur de vivre (comme on disait dans une certaine publicité), une invitation à ne pas laisser tomber et à peindre en rose les murs gris de son environnement. Une pinte de bonheur que ce film là, à ne pas négliger par les temps qui courent, et à déguster sans modération.

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le 8 déc. 2016

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