Sinners
6.6
Sinners

Film de Ryan Coogler (2025)

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Sinners : un film qui mord… mais après une longue sieste

Bon, soyons clairs : Sinners, c’est pas un mauvais film, mais c’est pas non plus le film que j’espérais.

Il a du potentiel, des idées de ouf, mais il s’enferme dans une lenteur tellement extrême que j’ai cru que le réalisateur avait oublié d’appuyer sur “lecture”.

La première heure, c’est simple : c’est un désert total.

Une intro tellement longue que j’ai eu le temps de faire chauffer un café, checker mes mails, et revenir avant que le scénario daigne démarrer.

Et franchement, faut qu’on m’explique pourquoi aucun flashback n’a été foutu dans cette première heure.

On aurait pu avoir un retour sur les deux jumeaux, leur ancien braquage de banque, leur vie d’avant, même un petit “tour du monde en arnaque” — n’importe quoi pour rythmer un peu ce coma cinématographique !

Mais non, on a juste droit à des dialogues plats, un cadrage qui te bouffe la moitié de l’image, et une ambiance de conférence sur la peinture murale.

Mais attention, tout n’est pas à jeter.

Les acteurs s’en sortent bien, y’a une vraie crédibilité dans leurs regards, et le casting est franchement solide.

Les effets spéciaux sont propres, sombres, bien travaillés — surtout pour un budget qui frôle les 100 millions.

L’ambiance rétro années 30 fonctionne super bien, avec une photographie bien crade et élégante à la fois, et une musique qui maintient une tension constante.

On sent qu'ils voulait créer un film sinistre mais classe, et ça, je respecte.

Et puis, heureusement, quelques blagues second degré viennent secouer un peu tout ça.

Genre, le coup du bouton sur la teuch — désolé mais j’ai explosé de rire ?

C’est le genre de moment où tu sens que le film veut pas être trop coincé, qu’il assume son petit grain de folie.

Et honnêtement, ces petites touches d’humour un peu crades mais légers, ça aide à survivre pendant cette première heure où le temps s’arrête.

Ce que j’ai bien aimé aussi, c’est la tension raciale que le film dégage.

C’est pas juste un décor : ça fait partie du message.

Y’a une vraie confrontation entre le monde blanc et noir, une tension sociale bien mise en scène, un peu rétro, un peu dérangeante, qui donne de la profondeur à l’histoire.

Et puis, la manière dont le film revisite le mythe des vampires est franchement originale.

C’est pas juste des suceurs de vin rouge en costard, c’est une version plus tragique, plus humaine, qui colle bien à l’ambiance générale.

Même si au début, tu avais plus l'impression de regarder des personnes exorcisées que des vrais vampire...

Mais bon… faut quand même attendre 1h pour que le film démarre réellement.

Et là, enfin, ça envoie !

Du gore, du suspense, de l’action, et un vrai sens dramatique.

Tout ce que j’attendais depuis le début arrive d’un coup, et c’est limite frustrant parce que tu te dis : “Ah, ben voilà, fallait juste avancer le curseur d’une heure, quoi !”

La fin, elle, est vraiment réussie.

Le héros finit par affronter le racisme personnifié, dans une scène tendue et symbolique...

Il demande une cigarette , et vide tout son chargeur sur cette pure merde de la communauté de l'époque...

Il se fait blesser, tombe, et rejoint sa copine et leur bébé décédé dans une séquence très émotionnelle, bien dosée, presque poétique.

C’est triste, mais beau.

Tu sens que le film veut te laisser sur un sentiment de justice et de rédemption, et ça marche bien.

Et attention : juste après le premier générique de fin, y’a un petit flashback — un plan court mais lourd de sens — où on retrouve le jeune du film et des vampires qu’on croyait morts (oui, le frère et la plan-cul du personnage principal).

Ce mini-retour te balance direct l’idée d’une suite, modernisée mais avec un petit côté années 80 qui me parle grave.

Ce petit clin d’œil final m’a hypé : si la suite part sur ce trip rétro-modernisé, je signe direct.

Bref, malgré la mollesse de départ, ils plantent là une promesse qui peut clairement devenir meilleure que le précédent.

Mais voilà : le problème, c’est le rythme.

Le film est bon, mais il faut une patience de moine tibétain pour profiter de la deuxième moitié.

Et c’est ça qui me frustre, parce que l’histoire, les acteurs, la tension, tout est là — sauf la vitesse.

Si seulement ils avaient dynamisé le début avec un vrai flashback, un peu d’action, ou un soupçon de mystère, on aurait tenu un petit bijou d’ambiance sombre et sociale.

Au final, Sinners, c’est un film que j’aime et que je douille à la fois.

Une première heure d’ennui profond, puis une deuxième heure excellente.

Un mélange de vide et de tension, de mollesse et de puissance.

Bref, un film bipolaire, mais qui a quand même réussi à me faire réfléchir, râler, et rigoler.

Parce que ouais, y’a du bon, y’a du lourd, mais il faut passer l’épreuve de la première heure, et croyez-moi, c’est plus dur qu’un marathon sans jambes.

> “Sinners, c’est un peu comme une pizza froide : au début tu doutes, mais à la fin t’avoues que t’as quand même tout mangé.”

Le-PiGnuF-CiNe
5
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le 22 oct. 2025

Critique lue 33 fois

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