Entre éclats de rire et potentiel gâché, une divine comédie sauvée par Whoopi Goldberg

  • Repenser à Sister Act permet de mesurer tout le charme de cette comédie culte des années 90, tout en mettant en lumière ses forces et ses faiblesses structurelles. Du côté des points forts, le film brille incontournablement grâce à l'énergie communicative de Whoopi Goldberg sous les traits de Deloris Van Cartier. Son abattage comique et son sens du timing portent le long-métrage de bout en bout. À ses côtés, le formidable duo comique formé avec Maggie Smith (la Mère supérieure) fait des étincelles : le choc des cultures entre la rigueur austère du couvent et l'exubérance de la chanteuse de cabaret crée des situations réjouissantes. Impossible également de passer sous silence les moments musicaux, où cette chorale de religieuses coincées se métamorphose sous l'impulsion de chants gospel rythmés, offrant un pur bonheur feel-good qui emporte instantanément l'adhésion du spectateur.
  • ​Malgré ces immenses qualités, le film souffre de points faibles notables, à commencer par son scénario ultra-prévisible. L'histoire repose sur des ficelles comiques et dramatiques cousues de fil blanc, enchaînant les péripéties sans grande surprise ni réelle prise de risque narrative. Mais le plus gros défaut du film, et de très loin, réside dans le sous-emploi d'Harvey Keitel dans le rôle de Vince LaRocca. En tant qu'ancien amant de Deloris et redoutable parrain de la pègre, son personnage est censé représenter une menace constante et mortelle. Or, à l'écran, on ne le voit pas suffisamment. Ses apparitions sont trop rares et expédiées, ce qui évacue totalement la tension dramatique et désamorce l'urgence de la situation. On a l'impression d'un méchant relégué au strict second plan, ce qui prive le récit d'un enjeu de survie crédible.
  • ​Au final, ce déséquilibre scénaristique et le gâchis manifeste autour du personnage de l'ancien amant incarné par Harvey Keitel empêchent l'œuvre de viser l'excellence. Le film repose presque entièrement sur les épaules de Goldberg et sur la magie de sa musique, ce qui suffit amplement à en faire un divertissement solaire et profondément réconfortant. Cela n'efface pas pour autant ses maladresses d'écriture, justifiant pleinement de nuancer son appréciation globale pour lui attribuer un solide 7/10.
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