Bienvenue en Laponie en 1944
Il était une fois un vieux barbu qui voulait juste creuser la terre pour y trouver de l’or, du vrai, du lourd, du qui brille. Mais manque de bol : il tombe sur des nazis en retraite (pas les pires, les vraiment teigneux, ceux qui tuent des chiens et brûlent des villages). Et là, mes amis, c’est la fin du Reich, façon tranchée ouverte dans ta face.
Un vieux prospecteur, mutique comme une bouteille vide, découvre un filon d’or au milieu du désert glacé de Laponie. Il s’apprête à aller vendre son trésor quand il croise une patrouille de nazis surarmée, surmotivés, et en retard pour leur extermination hebdomadaire. Ils décident de lui piquer son or.
Mauvaise idée. Vraiment mauvaise idée.
Parce que le vieux, c’est Aatami Korpi, un ex-commando, un survivant, une légende... le croisement génétique improbable entre Terminator, Rascar Capac et un couteau suisse vivant.
Sisu, c’est 1h30 de poésie nordique version explosion de crânes. Le film est découpé en chapitres comme un roman de gare illustré par Quentin Tarantino sous perfusion de schnaps :
Chapitre 1 : L’or
Chapitre 2 : L’Invasion
Chapitre 3 : L’Hémoglobine fait du ski
À chaque rencontre avec les nazis, on se dit : “Ah, cette fois, ils vont peut-être réussir à le tuer.”
Et puis non. Aatami revient toujours. Plus crado, plus furax, avec une pioche, un chien, ou un tank. Le mec s’accroche à la vie comme un chewing-gum sous une table d’école.
Aatami Korpi a moins de lignes de dialogue que Groot dans un coma. Il parle avec ses yeux, son couteau, ses bottes, ses tripes et son mépris total pour l’occupation allemande.
Le seul mot qu’il finit par prononcer dans tout le film ?
“Sisu.”
Et t’as tout compris. (Sisu, en finnois, c’est un concept local : résilience, bravoure, rage froide… et apparemment, la capacité de survivre à des grenades dans le torse.)
C’est absurde, c’est gore, c’est cartoonesque en mode Mortal Kombat Finish Him, et c’est jouissif comme un lancer de hache dans un meeting de l’AfD.
Mention spéciale aux nazis :
Ils sont :
méchants comme des teckels sous méthamphétamine,
aussi intelligents qu’un épisode de “Les Marseillais à DUBAI”,
et ils explosent comme du pop-corn sous stéroïdes à chaque fois qu’ils touchent le héros.
Tu sens que le réalisateur avait une liste de frustrations historiques à purger.
Sisu, c’est le western spaghetti du Grand Nord, un film de vengeance givrée, où les mots sont inutiles et les balles font office de virgules. Une leçon de cinéma minimaliste et maximaliste à la fois, entre Sergio Leone gelé, John Woo alcoolique et un tuto DIY pour buter des nazis avec un clou rouillé.
Un vrai film de Viking pour les amateurs de silence, de sang, et de justice à l’ancienne.
Et surtout : ne volez jamais l’or d’un Finlandais barbu.