Il y a des films comme ça qui sont des bonbons qu'on se souvient avoir vu, a 20ans, un peu à reculons, mais dont on tombe amoureux après l'avoir vu. Il ne s'y passe certes pas grand chose, mais on s'attache tellement aux personnages, avec ces acteurs magnifiques, qu'on a envie d'être avec eux, qu'on a envie d'avoir une petite superette, qu'on a envie de vivre à Brooklyn, qu'on a envie de lire ou relire Paul Auster, et d'écouter Tom Waits.
C'est un conte doux amer lent qui fait du bien, car même s'il n'y a pas de fées, de monstres, d'action , d'attaques en tout genre, on rêve, on prend le temps d'écouter ces 3 histoires de 3 des personnages les plus émouvants du cinéma américain des années 90, du cinéma du court.. et ça fait du bien. Un cinéma disparu ,qui mélange une histoire simple, émouvante, cinéma d'auteur accessible, et absolument pas prétentieux. Un grand film américain, fait par un réalisateur HongKongais.
Harvey Keitel peut tout jouer, les gros plans de son visage buriné, lui qui a tant joué des tueurs inquiétants et les personnages troubles, sont bouleversants, William Hurt nous manque, disparu trop tôt, Forest Whitaker prouve encore une fois avec son personnage de père démissionnaire qu'il est toujours aussi intense, et on découvre le jeune Harold Perrineau, futur narrateur de OZ, qui campe cet adolescent perdu très attachant.. Je ne me souvenais plus des apparitions de Giancarlo Esposito, avec un personnage tout droit sorti des 1ers films de Spike Lee, Ashley Judd, qui a disparue du paysage cinématographique aujourd'hui, et qui a une très belle scène, et Jared Harris, dans le rôle d'un commis simplet ..
Un pur plaisir de spectateur qui ravive une certaine nostalgie d'un cinéma et une époque disparue