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le 1 août 2013
SuivreLe poids de la fumée.
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Vous voyez vos amis, votre entourage, parler, discuter de choses et d’autres, vivre et bien "Smoke", c’est ça. Ce pourrait être un documentaire sur la vie de quelques habitants d’un coin de Brooklyn. Et l’écrivain Paul Auster, derrière le script et Wayne Wang derrière la caméra racontent le quotidien de ces petites gens. "Smoke", film simple raconte une histoire où s’acheminent plein de petites histoires.
"Smoke" a un coté optimiste qui peut faire peur mais parfois la chronique cède au drame, violent, celui qui percute la Vie. Le film est découpé en cinq chapitres présentant chacun un des personnages et en fil rouge : Auggie (Harvey Keitel plutôt bon et juste), propriétaire d’une petite épicerie au coin de deux avenues de Brooklyn, les autres personnages croiseront sa route d’une manière ou d’une autre, c’est un vieux de la vieille : il a de la gueule, un caractère bien trempé mais il a un bon fond ; il y aussi Paul (William Hurt dans un rôle, pour une fois, positif, c’est la première fois que je le vois dans un rôle positif et il est plutôt juste lui aussi), écrivain endeuillé par la mort de sa femme tuée dans un braquage pas loin de la boutique d’Auggie, il vient tous les jours chercher ses boites de cigarettes qui croit au karma (si tu fais quelque chose pour moi, je dois faire quelque chose pour toi) ; il y a aussi Thomas (Harold Perrineau Jr. plutôt crédible en dépit du fait qu’il as quasiment le double de l'âge de son personnage), jeune homme qui croise la route de Paul en l’évitant de se faire écraser sous un camion et Paul décide de faire quelque chose pour lui mais Paul a bien des secrets qu’il révèle par parcimonie au fur et a mesure du film ;
Ruby (Stockard Channing qui as plutôt bien vieillit depuis "Grease")), ex petite amie d’Auggie qui revient le voir plus de dix-huit ans après son absence et lui annonce qu’il as une fille devenue junkie et enceinte (Ashley Judd, excellente) et Cyrus (Forest Whitaker comme on aime le détester), le père de Thomas qui tient un garage qui ne marche pas et voit son fils arriver douze ans après un accident qui as tué la mère de Thomas et Thomas se présente sous le nom de Paul en squattant devant son garage.
Ainsi tout ces personnages vont inévitablement se croiser, on se passionne pour la vie de ces gens qu’on ne connaît pas mais auxquels on s’attache très vite. Les acteurs, naturels, incarnent donc des personnes comme vous et moi dans cette histoire à mille et une péripéties.
Wayne Wang pose sa réalisation faite de longs, voire interminables plans fixes et de mouvements de cameras très posés, on se croirait un peu chez Jarmusch, le cinéaste n’ose pas la bouger sauf à un moment dans une scène violente.
Les personnages parlent, de tout et n’importe quoi mais sont obsédés par la cigarette, il ne sont pas très crus mais parlent avec leur propre langage, des dialogues justes mais remplis d’espoir. C’est un peu une comédie musicale polyphonique, sans musique derrière, bien qu’il y ai plusieurs bandes-originales dont la sublime bande-originale (ost) signée par Rachel Portman.
Ma scène fétiche est lorsqu'Auggie montre à Paul l'album de photos qu'il prend Tous les matins à la même heure, du même endroit depuis des années, Paul lui répond : "C'est toujours la même chose", ce à quoi Auggie lui fait remarquer, qu'en apparence oui mais qu'en regardant de plus près on voit des choses différentes. C'est la même chose mais jamais tout à fait la même chose.
L’image est un peu granuleuse, du fait que le film ne soit pas récent (il as été tourné en 1994).
On est parfois un peu ennuyé de ces longs monologues ou de ces plans fixes qui ne racontent quasiment rien, plantés sur des décors ou des personnages qui ne parlent pas, on retrouve parfois le temps interminable mais on est attachés à ces personnages et on se demande ce qui va leur arriver ces personnes ressemblent des personnes que vous pouvez croiser dans la rue.
Le fait que ces vies soient aussi proches de nous, palpables. Ces gens braves, presque innocents, meurtris par la vie (physiquement (Cyrus à un bras arraché, Ruby un œil crevé) et aussi psychologiquement), on est plus ou moins tous des personnes montrées comme dans le film.
Car le film, assez casse-gueule n’a pas peur de montrer les émotions humaines, c’est là une de ses grandes qualités : il montre quelqu’un en train de pleurer, un autre râler, de la rancune, des blessures, de l’ironie, de la violence... : et le quotidien de cette poignée d’habitants de Brooklyn, ça peut faire "une bonne histoire" comme dirait Paul à la fin de l’histoire que lui raconte Auggie à la fin du film. Ça Fait une bonne, même une très bonne, parfois ennuyeuse mais une histoire plutôt jolie, ne cédant pas tout au happy-end et avec un zeste d’optimisme un brin désagréable ou juste réaliste. Le goût de la vie ne serait pas celle de la nicotine ?
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le 8 août 2021
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