Après son adaptation alambiquée de la série Mission: Impossible, Brian De Palma revient au thriller avec l'un de ses derniers films les plus réussis : Snake Eyes, où l'on retrouve les caractéristiques principales d'un film de De Palma soit une ouverture en plan-séquence (ici d'une durée de dix grosses minutes), des plans filmés avec la maestria qu'on lui connait et un scénario complexe alliant machination et faux-semblants.
Le film met donc en scène un Nicolas Cage survolté dans la peau d'un flic un brin corrompu assistant malgré lui à l'assassinat d'un haut dirigeant de l'État pendant un match de boxe important. Dès le départ, De Palma brouille les pistes, nous filme à travers son magnifique plan-séquence une foule de personnages, certains plus importants à l'intrigue qu'il n'y parait, fait virevolter sa caméra et ce, jusqu'au coup de feu tuant le secrétaire d'État à la Défense, nous amenant immédiatement dans le vif du sujet : l'enquête de Rick Santoro, alias Nic Cage, dans le palais des sports d'Atlantic City où se trouvent actuellement 14,000 personnes.
Car parmi la foule se trouvent une rousse aguicheuse suspecte, une fausse-blonde touchée au bras par le tireur, un boxeur corrompu et un vieil ami de Santoro chargé de la sécurité de la victime. Tous vont être, entre autres, liés au drame et tous vont nous expliquer chacun à leur tour leur point de vue sur ce qui s'est passé, le metteur en scène optant pour des flashbacks filmés de manière subjective aussi déroutants qu'efficaces qui nous brouillent un peu plus le cerveau avant la limpidité finale. Ainsi, Snake Eyes s'avère être un thriller puissant, une enquête haletante filmée avec génie par un Brian De Palma toujours aussi inspiré qui nous livre ici un retour aux sources magnifiquement mis en scène, dénonçant par la même occasion le pouvoir des images. Un must à voir absolument.