Snake Island déconcerte par son incapacité à cadrer ce qu’il filme, réussit l’exploit de maintenir sa laideur intacte une heure et demi durant tout en essayant de mêler focalisation externe – la caméra semble témoin des actions des personnages – et focalisation interne censée restituer le regard des différents serpents prédateurs. Pourtant, l’amateurisme n’apparaît jamais comme un parti pris et, en cela, ne relève nullement d’une démarche pseudo-documentaire telle que pratiquée par le found footage depuis The Blair Witch Project (Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, 1999) ou, auparavant, par le cinéma Mondo. Notons enfin que l’érotisme diffus cher à ce genre de productions fauchées subordonne les femmes aux désirs inavoués d’une masculinité triomphante, tout entière incarnée par le capitaine Jake Malloy. Une horreur.