Le mal aimé, voilà comment on pourrait qualifier ce film. En effet Solo a souffert d'une production chaotique qui a menée l'excellent faiseur Ron Howard à reprendre les rennes en cours de route pour finaliser le projet. Je ne suis pas du tout d'accord avec tous les pisse-froid qui considèrent ce spin off comme inutile et anecdotique, Il revient sur les origines d'Han Solo sans imagination, certes, mais il s'en dégage un doux parfum du cinéma des années 80 qui le rend vraiment agréable à visionner. Ron Howard nous offre donc un film de braquage très sympathique, sans prétention et qui n'a d'autre but que de divertir le spectateur en narrant la progression de Solo du candide flibustier au cynique contrebandier de l'épisode IV. Si l'acteur ne ressemblant pas à Harrison Ford a pu en choquer certains, cela permet de mieux s'immerger dans l'histoire et de faire abstraction de sa version originelle, c'est plus une qualité qu'un défaut pour ma part. La mise en scène se révèle très efficace, bien rythmée et à le mérite de montrer une évolution cohérente de Solo qui évolue dans l'univers de la criminalité afin de s'extraire de sa condition misérable de départ. Alors oui, le fait que durant tout le film on voit Solo rechercher les différents éléments qui le caractériseront par la suite (Chewbacca, le Faucon Millenium, Lando Calrissian, les dés etc..) peut paraître redondant, cette recherche n'empêche à aucun moment le scénario de progresser jusqu'à un dénouement final riche en enseignement pour notre héros. Non, Solo - A Star Wars Story n'est pas une purge, il délivre une aventure très divertissante à défaut d'être originale et permet de mieux comprendre les motivations du contrebandier lors du quatrième chapitre, c'est déjà bien plus qu'il n'en faut à mon avis.