"Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai 🎶"
Reprenant une structure similaire à celle de son «Drive my Car» (la rencontre fortuite entre 2 personnages, qui vont disserter sur la vie qui les entoure, apprendre l'un de l'autre, grandir et se "guérir"), le réalisateur Ryusuke Hamaguchi fait se rencontrer Marie-Lou, directrice d'un EHPAD parisien et Mari, metteuse en scène japonaise se battant contre un cancer, et nous propose une œuvre dotée d'une grande humanité et bienveillance.
Un film déroulant son récit au rythme d'une déambulation réflexive sur la fin de vie, le rapport aidant-patient et comment remettre l'humain au cœur de tout, et cela dans une société capitaliste, qui pense d'abord chiffres et rentabilité, et que l'on entretient parfois malgré nous.
Porté par la très belle alchimie entre Virginie Efira et Tao Okamoto (toutes les deux récompensées par un Prix d'interprétation Cannois bien mérité), une œuvre qui peut sembler imposante de par ses 3h15, mais dont le voyage vaut la peine d'être vécu, et ce malgré quelques scènes un peu trop didactiques (à l'image de la première discussion entre Marie-Lou et Mari sur l'évolution du capitalisme, sonnant trop écrite).
Une sorte d'essai filmico-philosophique, nous rappelant que derrière chaque résident (dont une partie souffrant de troubles cognitifs), il y a d'abord un être humain dont il faut connaître le parcours de vie pour le comprendre et l'aider à avancer malgré la maladie qui le ronge. S'armer de courage et écouter l'autre pour rendre l'impossible possible.
Une œuvre tournée vers la vie, malgré la mort qui, inéluctablement, guette, et où l'intime et le sociétal sont toujours lié.
Une utopie cinématographique et collective ("c'est ensemble que nous devons changer, petit à petit"), prônant l'ouverture d'esprit (et les massages de pieds) face à la culture d'entreprise.
La réalité s'en inspirera-t-elle ? L'avenir nous le dira.
Mais une chose est sûre : voilà le genre d’œuvre, plutôt exigeante, mais nous redonnant un peu d'espoir envers le genre humain, et on en a bien besoin en ces temps troublés, où la société semble plus que jamais fracturée sur énormément de sujets.
Une bien belle expérience à tenter en salle.