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le 13 août 2026
SuivrePar-delà les mondes !
Je suis un admirateur de Ryusuke Hamaguchi, l’un des cinéastes d’aujourd’hui dont je suis le plus assidûment la carrière. Mais quand j’avais appris qu’il allait tourner un film majoritairement en...
Dans un geste formel forcément impressionnant par sa longueur, Ryusuke Hamaguchi réalise le plus évident : que le cinéma, la création en général même, est là pour faire de nous de meilleurs humains, des professionnels de l'Humanitude. Et c'est dans cette entreprise bien ambitieuse que le film trouve pourtant sa splendeur : sa sensibilité, sa quête acharnée d'une forme simple, sa douceur constante, que viendront par instants briser une bizarrerie, des points de décalage et d'humour.
On pourra facilement trouver l'ensemble parfois trop didactique ou lourdement pédagogue dans sa volonté de théoriser le bien être et le respect de l'autre - et dans ce qui pourrait être reçu comme certaine déconnexion de l'urgence du terrain. On pourra même, osons, trouver le film par moments agaçant dans ses répétitifs "merci" et ses "oui" chuchotés.
Mais ce serait sans remarquer avec quelle aisance et sens du mouvement infime Hamaguchi déroule des scènes de dialogues denses et complexes, chorégraphiant aussi subtilement que possible le jeu délicat de ses deux merveilleuses comédiennes, plongées dans des nuits blanches suspendues et bavardes, seulement interrompues par l'aube.
On retrouve aussi avec plaisir ce qui fait le sel du cinéma de ce grand réalisateur : son goût de l'échange et d'une fausse naïveté, sa façon de saisir le charme de l'infime (les feuilles des arbres d'une cour, la petitesse d'un train qui traverse une vallée japonaise, les photos de visages comme autant de souvenirs de vies oubliées posées sur les meubles des chambres des patients de l'EHPAD, la chaleur d'un été parisien, ...), son amour du théâtre et du temps long, bien sûr.
Le Soudain du titre c'est peut-être alors cette attention donnée aux gestes, ce soin donné aux mots, qui occasionne le jaillessement inattendu de la vérité et de la beauté humaine dans chaque individu ("De près, personne n'est normal.")
C'est la soudaineté d'une émotion qui nous saisit sans ambiguïté face à un câlin impromptu et à la phrase : "Si ta mère est morte, ce n'est pas de ta faute".
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le 13 août 2026
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