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La rencontre entre cette directrice d'Ehpad française qui tente d'appliquer une méthode de soins révolutionnaire ne faisant pas l'unanimité et une metteuse en scène japonaise exilée à Paris atteinte d'un cancer en phase IV (phase terminale) est annonciatrice de moments magiques. D'autant que les deux actrices, Virginie Efira et Tao Okamoto, sont magnifiques de douceur et d'empathie. Le double-prix décerné à Cannes est en cela parfaitement justifié. Le problème, et je reviens là sur mon cheval de bataille depuis quelques années, est la longueur du film : excessive ! Des scènes qui s'étirent à n'en plus finir (la visite de nuit de l'Ehpad, la pièce de théâtre assez ésotérique - qu'on se tape carrément deux fois), des passages ennuyeux au possible (ce cours magistral de Tao sur le capitalisme auto-destructeur) poussent à regretter que le réalisateur n'ait pas sucré une heure (au moins) de son montage final. Je sais que certains hurleront que c'est là toute la poésie de cette œuvre, personnellement j'ai trouvé le temps bien long à plusieurs moments de la séance.
Ceci dit, il faut reconnaître que Ryusuke Hamaguchi sait nous amener sur des conversations intéressantes dans des atmosphères singulières. Mais je ne peux m'empêcher de songer à un autre film récent traitant un peu du même sujet, deux amies qui se retrouvent et dont une va accompagner jusqu'au bout l'autre dont son cancer aura raison, et qui m'a infiniment plus touché, je veux bien sûr parler du magnifique The room next door, de Almodovar. Outre la maladie intraitable, on abordait également l'amitié entre deux femmes et même la politique destructrice des ultra-droites dans le monde. Mais c'était parfaitement calibré (une heure trois quarts), la mise en scène était une splendeur, les dialogues étaient ciselés et les deux comédiennes n'avaient rien à envier à celles de Soudain. C'est certainement là que se fait la différence.
Créée
le 16 août 2026
Critique lue 17 fois
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