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le 13 août 2026
SuivrePar-delà les mondes !
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Marie-Lou cherche à brouiller la distance entre extérieur et intérieur de l'EHPAD, patients, personnels et familles. Mari écrit une pièce sur la libération des aliénés, et la façon dont l'enfermement produit les fous, en faisant participer le public pour "brouiller la frontière entre la scène et la salle". On est pourtant mis devant ce film comme un spectateur lambda : cela reste du cinéma, et le réalisateur, malgré ses intentions, construit un dispositif plus proche de la posture d'Anne, l'aide-soignante récalcitrante à ces changements d'attitude au sein de l'EHPAD, garante d'une coupure claire entre professionnels et patients.
Mais le format long nous embarque dans un quotidien, et le partage de deux vies engagées, au point qu'on s'y trouve engagés aussi. Le sens du combat n'est pas forcément le même, mais il suit des trajectoires parallèles : Marie-Lou lutte pour imposer un soin authentique dans son EHPAD, contre les résistances productivistes de l'institution et du personnel, habitué à des schémas plus rigides. Son combat souterrain et d'accepter la mort de sa mère suite à son internement dans un EHPAD dysfonctionnel. Mari se bat contre le cancer, et écrit sur l'aliénation des fous par l'enfermement. Le lien est rapidement fait, tant il est évident, entre l'aliénation des fous emmurés autrefois et l'aliénation des vieux emmurés aujourd'hui : la perte d'autonomie est au centre à chaque fois. Les deux Maries sont ainsi dépeintes comme deux personnes attentives à ces autonomies brisées, et dévouées à leur restauration.
Par là, le réalisateur saute d'un bond sur l'autre aliénation, celle du capitalisme, en une scène doctorale assez surprenante, mais qui apporte un éclairage théorique sensé sur les difficultés du milieu du soin. L'autonomie est brisée par une organisation de l'exploitation de la nature qui démarre à la nature la plus proche, celle de notre propre corps. En dehors du petit "now/here" de la consommation urbaine, tout le reste est épuisé, ce qui se retrouve dans le corps des patients.
Par-dessus ces différentes aliénations et le combat mené contre elles par les deux femmes, le film trace la trajectoire plus intime de leur amitié, dans un moment suspendu par la proximité de la mort de Mari. C'est cette relation qui donne au film sa douceur, et une atmosphère qu'on quitte à regret, même après 3h.
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