Remake du film danois éponyme de 2022, Speak No Evil sort dans nos salles obscures le 18 septembre 2024.
On y suit la rencontre de 2 familles, l'une britannique, l'autre américaine, tout d'abord lors de vacances estivales en Italie, puis lors d'un week-end partagé dans la propriété isolée de la famille britannique. Un scénario simple sur le papier mais qui va servir à merveille le film, en termes de tension et d'angoisse.
N'ayant à ce jour pas vu l'original, ma critique ne se portera pas sur la comparaison REMAKE / ORIGINAL, exceptée sur la fin, que les SPOILERS de ce dernier m'ont appris.
Une fois sa phase introductive terminée, Speak No Evil Version US devient un quasi huis-clos, dès que la famille DALTON met le pied sur la propriété des FELD.
Le long-métrage plante tranquillement et intelligemment son décor et son ambiance, ne faisant pas l'erreur d'aller trop vite. Le malaise s'installe tout doucement, par des actes et paroles d'apparence anodine, puis grandit peu à peu, jusqu'à exploser dans un acte final des plus glaçants.
Piégés dans leur " politesse exacerbée " et leur " respect des conventions sociales " à toute épreuve, les DALTON peinent à se rebeller, afin de ne pas froisser leurs hôtes et ne pas entrer en confrontation. Ce point est d'ailleurs celui qui verra les 2 œuvres diverger dans leur fin.
Dans le film danois, le couple victime ne parvient jamais à se rebeller, ce qui entraîne sa disparition. Dans le film américain, la réaction finit par arriver, ce qui débouche sur un affrontement intense, une happy-end et nous évite un final atroce.
Là où l'œuvre originale voulait montrer les conséquences poussées à l'extrême de la passivité face à des personnages toxiques, le parti pris ici à contre-pied n'a pas plu à tout le monde, beaucoup accusant James Watkins de dénaturer le message originel de l'œuvre. La critique est entendable, mais doit-on pour autant qualifier ce remake de raté ? Doit-on forcément choquer jusqu'à l'ecoeurement pour faire passer un message ? Malaise, tension psychologique, personnages malsains, sentiment d'oppression ne suffisent-ils pas ? Prenons l'exemple du film Enragé (2020), porteur lui aussi d'un message. S'il véhicule également beaucoup d'angoisse et de tension, son impact se voit-il atténué par sa fin heureuse ? Pour Speak No Evil comme pour Enragé, je ne trouve pas.
Ce constat sur la peur et l'atmosphère anxiogène que dégage l'œuvre doit tout autant à sa réalisation qu'à sa distribution, emmenée par un certain James McAvoy, le jeune Charles Xavier dans X-Men et bien sûr le terrifiant Kevin Wendell Crumb de Split. Aussi sympathique que malaisant, l'acteur impressionne par son interprétation tout en nuance de ce personnage inquiétant, face auquel il est difficile de résister.
Thriller psychologique de grande qualité, Speak No Evil est une œuvre qui donne le frisson et face à laquelle on ne peut rester de marbre, au vu de son caractère " réaliste ". Vaut-il l'original ? L'avenir me le dira peut-être...