Revu quasiment une génération après sa sortie, qui avait fait sensation, et il faut avouer qu'il n'a pas trop pris de rides. Je me souviens de l'émotion aux premières scènes de voltige dans les rues de New York, qui tranchaient franchement avec les moyens du film des années 80 et se rapprochaient du dessin animé, et aussi de ma perplexité face au choix d'un acteur un peu trop banal à mon goût mais qui a fait ses preuves quoi qu'il en soit et que j'ai retrouvé avec plaisir cet été. Voilà, c'est un film d'été, pour se détendre et retrouver le goût des années 2000, avec une tante May impériale de bonté et un oncle Ben un peu moralisateur mais tout gentil, pour guider un ado en quête de lui-même. On découvrait en France le bullying, auquel on avait échappé jusque là et qui a été glorieusement importé dans toutes les bonnes écoles depuis. L'Amérique continue encore et toujours à exporter sa violence sous des atours innocents et à faire croire à chaque petit bipède qu'un superhéros sommeille en lui. Je ne suis pas contre, mais ça ne dispense personne de développer un sens du collectif qui pousserait les accapareurs à partager un peu mieux le gâteau. Sauf que les films hollywoodiens n'en sont pas encore là et Peter Parker doit composer avec le mercantilisme de Jameson, le rédac' chef à grande gueule qui symbolise de manière trop sympathique les dérives de la presse à scandales. De petit arrangement en grand compromis, le héros trouve sa place dans le monde, de manière un peu bancale, mais finit par se rendre indispensable à sa grosse ville gangrénée par le crime. Une histoire presque lassante mais que la réalisation sait rendre attrayante malgré tout, avec une histoire d'amour contrarié et une déclinaison de la schizophrénie ambiante plutôt pertinente.