Spider Man 3 est le film de la saturation. Saturation narrative, thématique, tonale. Là où les deux premiers opus reposaient sur une ligne morale claire, celui-ci empile les conflits sans parvenir à les hiérarchiser. La faute en devient le moteur central mais une faute trop visible, trop théâtralisée, qui perd la subtilité tragique au profit d’une démonstration appuyée.
En externalisant le mal intérieur par le symbiote noir, le film simplifie ce qui faisait la richesse morale de la saga. Peter Parker narcissique est une idée forte mais poussée jusqu’au burlesque maladroit, au point de rompre l’empathie. La multiplication des antagonistes affaiblit encore le propos. Venom reste conceptuellement pauvre, Sandman tragiquement intéressant mais saboté par une réécriture discutable du mythe. En modifiant les circonstances de la mort de l’oncle Ben, le film dilue la faute morale originelle au profit d’une complexité artificielle. Mary Jane, enfin, est reléguée à une fonction émotionnelle secondaire.
Spider Man 3 est ainsi une œuvre malade d’elle-même. Moins incarnée, contrainte par une logique d’accumulation industrielle, elle révèle la fracture entre le cinéma de Raimi et les exigences de la franchise.