Avec Split, Shyamalan continue d'osciller entre maîtrise esthétique et imperfection thématique. Efficace et divertissant, Split doit beaucoup à son atmosphère subtilement anxiogène. C'est progressif, pas bourré de jumpscares bourrins et, honnêtement, ça fait bien le taf. Mais, pataud et franchement pas finaud dans son écriture, le film insupporte lors de ses phases métaphysico-tg manifestement rédigées sous l'empire d'une drogue abrutissante.


Fort heureusement, la mise en place de la tension est suffisamment bien gérée pour ne pas que l'on s'ennuie un instant, ce qui me semble finalement être l'intention originelle (i guess?). La musique et le montage ont visiblement été pensés de concert (i guess?) ce qui donne lieu à de sacrées démonstrations de maîtrise.


Accumulant (volontairement ?) les clichés, à l'image de ces adolescentes américaines un peu bêbêtes façon teen movie, le film souffre aussi d'un grave manque d'empathie pour ses personnages, mais je n'entrerai pas ici dans le détail par crainte de divulgâcher une partie de l'intrigue.


Ceci dit, la performance de McAvoy, largement servie par une pelletée de jolies idées de mise en scène, est un régal (- sûrement le point fort du film -). Jamais ridicule ou forcée, elle devient fantastique lors des switchs (Non, rien à voir avec la nouvelle console de Nintendo, je vous vois venir) entre les différentes personnalités du protagoniste.


En bref, malgré toutes ses grossièretés, Split reste un divertissement efficace qui, s'il ne questionne pas les limites de la psyché humain comme l'aurait sans doute voulu son auteur, mérite sans conteste qu'on lui accorde deux heures de son temps. Et en plus, dites-vous bien que j'ai du faire l'effort d'affronter le froid venteux lillois pour me rendre jusqu'au ciné et que je regrette même pas (bon, ok, il est à 15 minutes à pieds de chez moi. Mais quand même).


TL ; DR : Split est divertissant bien qu'écrit avec les pieds, James McAvoy y est magistral et j'étais assis à côté de quelqu'un qui a bouffé du pop-corn bruyamment pendant toute la séance. Sérieux, faites pas ça, c'est chiant pour les autres.


PS : J'aurais pu titrer cette mini-critique Banana Split, estimez-vous gâté.e.s.
<3

Olbius
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur.

Le 22 février 2017

11 j'aime

1 commentaire

Split
Shania_Wolf
5
Split

Fin de course ?

On a bien du mal à s’imaginer que la même personne se trouve derrière l’ambiance dosée et maîtrisée de Sixième Sens ou Signes et la mise en scène facile et sans personnalité de Split. C’est que le...

il y a 5 ans

130 j'aime

12

Split
Behind_the_Mask
7
Split

The number of the beast

Après un The Visit bancal mais éminemment sympathique et malsain, c'est avec ce Split que l'ami M. Night Shyamalan signe son véritable retour. Un retour aux sources de ses thématiques, de ses...

il y a 5 ans

103 j'aime

13

Split
Emilie_De_Gv
5
Split

C’est le dessert que préfère l’abominable homme des neiges…

Pour réaliser un banana split, il vous faut : Une banane De la glace à la vanille De la glace au chocolat De la glace à la fraise De la chantilly Du chocolat fondu. Pour réaliser un film...

il y a 5 ans

89 j'aime

14

Sonic Mania
Olbius
6
Sonic Mania

Ben... C'est Sonic, quoi.

Aussi propre et soigné qu'il puisse être, Sonic Mania repose sur des fondamentaux bien pétés. Personnellement, j'ai toujours eu du mal avec le hérisson bleu, icône de la célérité sans adresse et...

il y a 5 ans

14 j'aime

Split
Olbius
6
Split

Split ou caleçon ?

Avec Split, Shyamalan continue d'osciller entre maîtrise esthétique et imperfection thématique. Efficace et divertissant, Split doit beaucoup à son atmosphère subtilement anxiogène. C'est progressif,...

il y a 5 ans

11 j'aime

1