Stalag 17 est peu abordé dans la carrière de Billy Wilder, et pourtant, j'y ai une grande réussite, et qui évite toute idée dépressive à partir d'un sujet sensible, à savoir les camps de prisonniers durant la Seconde Guerre Mondiale.
Deux occupants d'une des baraques ont été exécutés, car ils sont accusés d'avoir creusés un tunnel afin de s'échapper. On apprend très vite qu'un traitre à ce camp vend les informations au commandant allemand, joué par Otto Preminger, et la question va être de savoir qui a vendu la mèche.
Tout repose sur le plus charismatique d'entre eux, un ancien colonel joué par William Holden, qui passe pour quelqu'un de trouble, car il use de combines pour s'enrichir sur le dos de ses compères, donc tout le monde pense que c'est lui, la taupe. Sauf que...
Je ne révèlerais pas qui a mouchardé, mais on reconnait le génie de Billy Wilder pour nous mettre plusieurs fois dans l'erreur, aussi bien celle de la voix-off, que du personnage de William Holden, tout en montrant un Otto Preminger séduisant en diable mais dont on sent qu'il ne vaut mieux pas lui chercher des poux dans la tête (chauve). On sent aussi à quel point William Holden joue formidablement bien ce colonel, individualiste dans un groupe, qui arrive quand même dans une situation où tous sont des perdants (puisque prisonniers) arriver à relever la tête, à s'enrichir auprès de ses collègues, notamment en leur permettant de voir des jeunes femmes dans le camp d'en face attendant de prendre une douche, toutes en file indienne.
Dans une situation aussi tendue que cela, il y a même quelques touches de comédie, voire d'émotion, notamment dans le duo composé de Robert Strauss et de Richard Erdman, où la question du manque (d'affection) va être composé de manière éblouissante dans une scène de travestissement qui pousserait à rire. Mais qui cache en fait une grande tendresse...
Stalag 17 sera un immense succès commercial, atténuant quelque peu l'échec du film précédent, Le gouffre aux chimères, et qui transcendera le modèle théâtral à l'origine. Et c'est mérité.