Stalag 17 est peu abordé dans la carrière de Billy Wilder, et pourtant, j'y ai une grande réussite, et qui évite toute idée dépressive à partir d'un sujet sensible, à savoir les camps de prisonniers durant la Seconde Guerre Mondiale.
Deux occupants d'une des baraques ont été exécutés, car ils sont accusés d'avoir creusés un tunnel afin de s'échapper. On apprend très vite qu'un traitre à ce camp vend les informations au commandant allemand, joué par Otto Preminger, et la question va être de savoir qui a vendu la mèche.


Tout repose sur le plus charismatique d'entre eux, un ancien colonel joué par William Holden, qui passe pour quelqu'un de trouble, car il use de combines pour s'enrichir sur le dos de ses compères, donc tout le monde pense que c'est lui, la taupe. Sauf que...
Je ne révèlerais pas qui a mouchardé, mais on reconnait le génie de Billy Wilder pour nous mettre plusieurs fois dans l'erreur, aussi bien celle de la voix-off, que du personnage de William Holden, tout en montrant un Otto Preminger séduisant en diable mais dont on sent qu'il ne vaut mieux pas lui chercher des poux dans la tête (chauve). On sent aussi à quel point William Holden joue formidablement bien ce colonel, individualiste dans un groupe, qui arrive quand même dans une situation où tous sont des perdants (puisque prisonniers) arriver à relever la tête, à s'enrichir auprès de ses collègues, notamment en leur permettant de voir des jeunes femmes dans le camp d'en face attendant de prendre une douche, toutes en file indienne.
Dans une situation aussi tendue que cela, il y a même quelques touches de comédie, voire d'émotion, notamment dans le duo composé de Robert Strauss et de Richard Erdman, où la question du manque (d'affection) va être composé de manière éblouissante dans une scène de travestissement qui pousserait à rire. Mais qui cache en fait une grande tendresse...


Stalag 17 sera un immense succès commercial, atténuant quelque peu l'échec du film précédent, Le gouffre aux chimères, et qui transcendera le modèle théâtral à l'origine. Et c'est mérité.

Boubakar
8
Écrit par

Créée

le 17 juin 2020

Critique lue 523 fois

Stalag 17

Stalag 17

8

mistigri

le 13 nov. 2010

Suivre

Critique de Stalag 17 par mistigri

En réponse nette à "La grande Illusion", Billy Wilder, transpose une histoire de prisonniers différente mais reprenant les principaux atouts, à la seconde guerre mondiale. Dans un camp de...

Stalag 17

Stalag 17

8

Libellool

le 6 mai 2014

Suivre

Une version comique de La Grande Évasion

Ce film fait immédiatement penser à La Grande Évasion de John Sturges, sauf que celui-ci adopte un ton beaucoup moins désespéré et se tourne souvent vers le comique bon enfant, grâce à des...

Stalag 17

Stalag 17

6

Sergent_Pepper

le 5 juin 2018

Suivre

Jail safe

Le camp d’emprisonnement est un sous-genre du film de guerre : il dit l’honneur des captifs (Le Pont de la Rivière Kwai), leur humanité (La Grande illusion) ou les voies d’une nouvelle aliénation (La...

Prey

Prey

3

Boubakar

le 7 août 2022

Suivre

Leave Predator alone !

Au XVIIIe siècle, sur le territoire des Comanches, une jeune indienne, Naru, va devoir faire face à une créature inconnue qui a le pouvoir de disparaitre... Le carton de Predator, le film signé John...

Massacre à la tronçonneuse

Massacre à la tronçonneuse

3

Boubakar

le 18 févr. 2022

Suivre

On tronçonne tout...

(Près de) cinquante ans après les évènements du premier Massacre à la tronçonneuse, des jeunes influenceurs reviennent dans la petite ville du Texas qui est désormais considérée comme fantôme afin de...

Total recall

Total recall

7

Boubakar

le 11 nov. 2012

Suivre

Arnold Strong.

Longtemps attendues, les mémoires de Arnold Schwarzenegger laissent au bout du compte un sentiment mitigé. Sa vie nous est narrée, de son enfance dans un village modeste en Autriche, en passant par...