Dans le registre des romances de la fin du XXe siècle, Stanley & Iris ne prétend jamais révolutionner le genre. Et pourtant, derrière sa simplicité narrative, le dernier film de Martin Ritt cache une douceur et une sincérité qui en font une œuvre attachante.
On y suit Iris (Jane Fonda), veuve courageuse tentant de reconstruire sa vie, et Stanley (Robert De Niro), ouvrier discret dont le secret, il ne sait pas lire, bouleverse leur rencontre. Le point de départ pourrait sembler convenu, mais le film brille par sa manière de lier l’intime et le social, l’apprentissage de la lecture devient ici métaphore d’une seconde chance, d’une renaissance possible à tout âge.
La vraie force de Stanley & Iris, c’est son duo d’acteurs. Jane Fonda apporte sa vivacité et sa sensibilité à une héroïne à la fois forte et vulnérable, tandis que Robert De Niro, en retrait par rapport à ses rôles plus flamboyants de l’époque, propose une interprétation tout en retenue, d’une tendresse rare. Leur alchimie fonctionne sans artifices, presque timidement, et c’est précisément cette simplicité qui touche.
Certes, on reste dans une romance classique, avec ses attendus et ses moments de prévisibilité. Mais le charme opère grâce à l’humanité qui se dégage du récit et la justesse des émotions. C’est un film qui se regarde comme on feuillette un roman sentimental à la couverture un peu passée, rien de révolutionnaire, mais une chaleur rassurante et une leçon de vie discrète sur la résilience, l’amour et la dignité.