J'ai envie de dire "enfin un projet personnel pour Emmerich" mais quand on l'écoute en interview pour ses autres films, ça a toujours l'air d'être un projet personnel ; chaque fois il parle de philosophie, comme si derrière son blockbuster il avait voulu nous parler de la vie. Malheureusement la prod ne met pas assez en valeur ses réflexions, et c'est bien dommage, parce que le bougre montre avec ce projet ci qu'il a des choses à dire. Et puis c'est la première fois qu'il parle aussi ouvertement de l'homosexualité (bon ça ne lui a pas réussi, la communauté LGTB lui a notamment reproché d'avoir surtout valorisé les blancs en plus d'autres maladresses) ! Soit.
L'idée n'est pas mauvaise et le point de vue adopté ne m'a pas gêné. Par contre, le développement, hélas, m'a déçu : construction en flashback pour commencer, une mise en place très longue, des personnages secondaires sous-exploités, une crise identitaire maladroitement traitée pour le principal... les conflits sont un peu plats, redondants et les résolutions un peu faciles.
La mise en scène est trop lisse ; certes, l'ambiance chaude est agréable, n'empêche que tous ces filtres jaunes finissent par devenir insupportables. Le découpage fonctionne, on sent que Emmerich est taillé pour le projet, de quoi regretter que le scénario ne mette pas plus en avant cette révolution (on fait bien des films entiers sur une seule bataille, pourquoi pas sur une manifestation ?). Les acteurs sont à fond, proposent de belles prestations. La BO fonctionne assez bien aussi.
Bref, c'est le scénario qui est décevant, et c'est bien dommage. C'est en même temps le reproche que l'on peut faire le plus à Emmerich, faudra bien qu'il retrouve un bon scénariste un jour s'il veut nous marquer une dernière fois avant la fin de sa carrière...