Pour la majeure partie, des scènes d'audience ou de convocation. Comme on peut en voir dans la série "Justice en France". Ce sentiment donc d'être dans l'oeil d'une caméra qui a "essentiellement" eu le droit de se poser là. Pour recueillir de la matière. On pourrait être chez Depardon. Où commence, où finit le travail d'édition ? Puisque c'est uniquement ce sur quoi on peut juger l'oeuvre. Pour le fond, Marseille; les "travailleurs" de l'économie du stup. Autant dite une matière qui vous tombe dans les mains. Echantillonnage qui semble assez complet des gens de la soute, point des lumières (on s'en amuse parfois, avec le président, méritant, qui est à la peine : est ce raisonnable ?), point de anges. Point des partis gagnant (un seul témoigne, on le croit, qu'il est Le mauvais de la famille).
Quel est le projet ? Témoigner d'une justice qui travaille à la chaine à vider un océan à la petite cuillère: on l'avait compris. Le respect, l'admiration pour les gens de la robe sont acquis. De l'empathie pour les vilains ? Elle effleure parfois (cette dame, cette damnée, qui semble programmée pour se manger de la souffrance), mais c'est tout de même là difficile. Le problème de ce documentaire, c'est sa matière qui tourne en boucle sur nos télés d'info continue. Matière qui nous déborde. Matière sans fond car drame sans limite, sans perspective de résolution aucune. Heureusement qu'on a rit un peu (...) car sinon c'était direction la Seine.