Alice Odiot & Jean-Robert Viallet commencent à bien connaître le sujet, après s’être intéressés à la prison des Baumettes (Des Hommes - 2020), toujours dans la cité phocéenne, cette fois-ci, ils posent leurs caméras dans le tribunal de Marseille, à la rencontre des petites mains du shit.
À l'image de la 10e chambre - Instants d'audience (2004) de Raymond Depardon qui filmait les petits délits de la vie courante au tribunal judiciaire de Paris, cette fois-ci, on passe un cran au-dessus. La plupart des prévenus ont tous pour point commun d’être des esclaves du shit, les petits travailleurs des réseaux de trafiquants (nourrices, guetteurs, revendeurs, …), bien loin de l’image des caïds qui empochent des millions à chaque fin de mois. Ce sont les petits soldats d’un trafic qui gangrène la plupart des quartiers de Marseille.
On suit le parcours de A à Z de tous les prévenus, de leur arrivée au tribunal à l’interrogatoire auprès de l’enquêteur social, jusqu’à l’attente dans les geôles avant de rejoindre le juge dans la salle d'audience. On assiste à une comédie humaine, une sorte de scène de théâtre où deux classes sociales s’affrontent (entre réquisitoires et plaidoiries), avec d’un côté, les juges, blancs et bien éduqués et de l’autre, des pauvres gens, issus des minorités et peu instruits. Les réalisateurs mettent en lumière l’impuissance de la justice à enrayer le trafic de drogue (qui concerne plus seulement les grandes villes de France), face à la délinquance juvénile.
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