Le héros américain, c’est une figure récurrente dans le cinéma de Clint Eastwood. Après American Sniper, le monstre sacré d’Hollywood s’intéresse à l’histoire de Sully. Aux Etats-Unis, tout le monde se souvient de ce pilote ayant amerri sur l’Hudson sans faire de victimes. Contrairement aux habitudes du réalisateur de Gran Torino, pas de patriotisme exacerbé, juste un face-à-face avec un héros ordinaire, sans histoire, un homme qui a juste “fait son job”. De ce fait, le film est passionnant. Avec sa chronologie déstructurée, où l’on plonge plus dans les souvenirs de Sully que dans le récit d’une catastrophe, le scénario surprend. On sait comment l’histoire se terminera, mais on ne peut s’empêcher de frissonner au moment du crash ou lorsque les passagers se retrouvent en équilibre sur les ailes de l’avion. La présence d’interstices se focalisant sur d’autres acteurs de cette histoire (secouristes, contrôleurs aériens, passagers…), en plus de rythmer le biopic, apporte un éclairage intéressant, montrant que Sully n’est pas le seul héros du “miracle de l’Hudson”.


Tom Hanks reste dans sa zone de confort, avec ce personnage de monsieur-tout-le-monde confronté à un destin extraordinaire, et demeure encore une fois magistral (une nomination aux Oscars semble logique). Sa performance éclipse le reste du casting, rendant les seconds rôles quasi-inexistants. Mais grâce à lui le spectateur s’identifie aux interrogations du commandant Sully. Le pilote, porté aux nues par les médias, se voit confronté à une enquête lancé par sa direction, affirmant que l’avion aurait pu se poser sans dommage sur une piste aérienne. En découle un questionnement fascinant sur la figure du héros américain. L’image est d’autant plus forte que l’ombre du 11 septembre plane sur le long-métrage. Dès les premières secondes, Clint Eastwood ose filmer le crash de l’Airbus A320 en plein centre de New York. Un cauchemar du pilote, dont l’expérience et le sang-froid ont permis d’éviter le drame. Mais en dehors de cette séquence, la mise en scène reste trop classique, dans la lignée des autres longs d’Eastwood, et la rupture de ton employée dans la scène finale laisse perplexe. Pas une œuvre majeure dans sa filmographie, mais ce Sully montre qu’à 86 ans, le réalisateur en a encore sous la santiag.


Alicia Arpaïa

Lilii
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le 8 déc. 2016

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