Trois grandes performances sont à l’œuvre dans Sundown. Celle d'un Tim Roth traversant le film en état de grâce, que l'on comprend affecté par ce qu'il vit et voit sous son vernis de je-m’en-foutisme apathique. Celle de Charlotte Gainsbourg, communiquant aussi bien la détente sous pression que la tristesse, l'inquiétude ou le choc. À chaque fois on y crois, de même qu'aux instants de rupture entre ces différentes émotions.
La troisième performance est celle de Michel Franco, mettant si bien en valeur ce que lui offrent ces deux immenses acteurs. Qu'il s'agisse de ces deux là, de personnages plus secondaires ou simplement du film en lui même, tout fait se mouvoir le drame tout en entretenant le mystère, transformant ce que l'on crois en savoir au gré du point du vu changeant d'un spectateur n'ayant jamais toutes les clefs.
J'ai pour ma part pensé à Antonioni, de part ce mystère entourant constamment même les personnages dont nous somme les plus proches, et que chacun interprétera à sa manière, ainsi que la profonde solitude vers laquelle ils sont continuellement ramenés.
Solitude et calme dû aux riches, par contraste avec le brouhaha et la promiscuité d'un monde bien plus pauvre si proche. La violence aussi brusque que brutale et finalement jamais explicitement expliquée, donc absurde en quelque sorte, n'en sera que plus choquante, cessant aussi rapidement qu'elle n’apparaît, ne laissant là que sang et conséquences.