Mon premier Michel Franco. Sundown m’a plu mais je me demande s’il ne m’aurait pas davantage séduit sitôt débarrassé de ses grands climax scénaristiques.
C’est l’histoire d’un homme (Tim Roth) en vacances à Acapulco. Avec lui, sa sœur et les deux grands enfants de celle-ci. Au début on croit retrouver l’ambiance farniente du Somewhere, de Sofia Coppola. Un double coup de fil va ébranler le récit. Qu’il s’agisse d’un double coup de fil perturbe déjà le sens même du rebondissement. J’ai trouvé cela très fort qu’on apprenne (au premier coup de téléphone) que leur mère soit hospitalisée puis (au second) qu’elle est décédée. Ces petits décalages avec les règles de scénario me plaisent à l’image de l’identité de cette sœur, incarnée par Charlotte Gainsbourg : j’ai longtemps cru qu’il s’agissait de sa femme.
Bref, le film décolle mais presque contre le récit puisque le personnage (de Tim Roth) va prétexter, une fois à l’aéroport, avoir oublié son passeport à l’hôtel. Mais il n’y retournera pas. Préférant se laisser gagner par un Acapulco plus populaire, les plages, la ville, sa violence sous-jacente puis carrément frontale, lors d’une exécution sur une plage.
Je crois que voir cette errance-là, soudaine, opaque, incompréhensible – Crise identitaire ou existentielle, façon Profession reporter ou Nocturne indien – me plaisait bien plus que ce que le scénario me réservait ensuite. Et paradoxalement j’ai rarement été aussi surpris par les multiples directions d’une intrigue. Je n’ai rien vu venir. Pas même cette fin qui rend logique tout le reste. C’est un film qui m’a beaucoup (plus) remué (que je pensais) je crois.