Superintelligence est une comédie assez bête, mais aussi plutôt sympathique. Elle part d’une idée qui mélange quelque chose de très déjà-vu avec un élément un peu curieux : une intelligence artificielle toute-puissante observe l’humanité et choisit d’étudier une femme ordinaire, presque quelconque, pour décider si le monde mérite d’être sauvé, détruit ou transformé en autre chose. La prémisse aurait pu donner une satire beaucoup plus mordante, mais le film préfère prendre le chemin facile de la comédie légère.
Et pourtant, il se laisse regarder. Ce n’est pas un film brillant, ni particulièrement intelligent, même s’il parle d’intelligence artificielle. Il contient des blagues très simples, des situations absurdes et des moments qui fonctionnent davantage par bêtise que par véritable esprit. Mais parfois, cela suffit aussi. Certaines comédies n’ont pas besoin d’être parfaites pour faire rire avec une sottise, et Superintelligence appartient clairement à cette catégorie.
Melissa McCarthy reste la principale raison de le voir. Elle a une facilité énorme à rendre une scène faible plus vivante qu’elle ne l’est réellement. Son personnage est construit comme une femme ordinaire, maladroite, gentille et un peu perdue, mais McCarthy lui donne de l’humanité et du rythme. Tout ce qui fait rire ne vient pas du scénario ; cela vient souvent de sa façon de réagir, de regarder ou de tenir une situation absurde sans perdre complètement la tendresse du personnage.
La partie romantique avec Bobby Cannavale aide aussi à rendre le film plus agréable. Ce n’est rien d’extraordinaire, mais il y a une chaleur simple qui correspond bien au ton. En réalité, Superintelligence fonctionne mieux lorsqu’il oublie de vouloir être une grande comédie de science-fiction et se contente de quelque chose de plus petit : une femme normale qui essaie de remettre sa vie en ordre pendant qu’une IA envahissante la pousse d’une situation à l’autre.
Le problème, c’est que le film n’exploite pas pleinement son idée. Avec l’intelligence artificielle, le contrôle technologique, la surveillance et la possibilité de juger l’humanité, il y avait matière à quelque chose de bien plus mordant. Mais le film ne veut pas trop se compliquer la vie. Il préfère être aimable, inoffensif et assez mou. Cela le rend facile à regarder, mais cela limite aussi beaucoup sa portée.
Superintelligence n’est pas une grande comédie, mais ce n’est pas non plus le désastre qu’on pourrait imaginer. C’est léger, absurde, irrégulier et oubliable, oui, mais il y a des moments amusants et une Melissa McCarthy qui fait passer beaucoup de bêtises mieux qu’elles ne le devraient. Pour passer un moment sans trop demander, cela fonctionne. On rit de sottises, et parfois c’est exactement ce que l’on attend d’une comédie comme celle-ci.