Supernova confond la pudeur et l’aseptisation de la représentation de la maladie qui met à l’épreuve un couple – d’où le titre, renvoyant à l’implosion d’étoiles –, se complaît dans une mièvrerie réhaussée parfois de cris et de sursauts qui aussitôt formulés ou accomplis retombent dans l’espace intersidéral que contemplent les personnages. La très belle prestation des comédiens principaux ne dispose hélas pas d’un terrain de jeu suffisant pour dessiner les contours d’une vie passée à deux, pour anticiper une possible résurrection dans l’au-delà, à deux encore ; le film fige le présent comme s’il était déjà révolu, suspension pertinente mais qui le conduit à une monotonie lassante. Il mobilise des artifices, qu’ils soient langagiers (dialogues tantôt explicatifs tantôt lourdement métaphoriques) ou visuels (le lecteur de disque, le livre), pour attraper ce déficit. Le dépouillement de la mise en scène mute en simplisme, à l’instar des gammes jouées au piano en guise d’accompagnement musical.