Dans la queue de comète de Se7en, Suspect Zero se veut plus retors que la moyenne par sa dimension parapsychologique, mais se révèle finalement aussi mal ficelé que nombre de mauvais thrillers sortis dans cet intervalle. Les acteurs sont particulièrement mauvais… et très mal dirigés. Il n’y a guère que Carrie-Anne Moss qui se montre ici un tant soit peu naturelle. La pauvre est d’ailleurs contrainte par le scénario à jouer les utilités aux côtés de cette endive d’Aaron Eckhart, ce dernier interprétant un inspecteur si tatillon sur les procédures qu’il finit par les oublier au bout d’une demi-heure de film. Chapeau l’artiste !
Il y a cependant un point sur lequel le réalisateur E. Elias Merhige peut s’enorgueillir d’avoir fait du bon boulot : l’atmosphère. Grâce aux accents tribaux de la musique composée par Clint Mansell et aux esquisses flippantes produites par le personnage d’O’Ryan, le film suscite un peu d’intérêt.
Plus de vingt ans après sa découverte en vidéoclub, Suspect Zero reste un mauvais film. J’ignore d’ailleurs pour quelle raison j’ai eu envie de le revoir sur Netflix.