Friand de biopics d’entrepreneurs et appréciant l’actrice Lily James, je me suis laissé tenter par ce film proposé sur Disney+ sans chercher plus loin. Hélas, la démarche discutable choisie par les auteurs m’a laissé sur une impression mitigée qui m’a pas mal gâché le plaisir.
Dès le départ, on nous prévient que les faits ont été romancés pour accentuer la dramaturgie. Et le film se conclut en précisant que la version de l’histoire présentée n’est pas confirmée par la principale intéressée, encore liée par un contrat de confidentialité. On ressort donc avec le sentiment d’avoir vu une adaptation partielle, biaisée, dont la légitimité semble fragile. Je me demande même si une telle mise en cause de Tinder, s’il n’y a pas de preuves tangibles pour étayer les accusations, ne risque pas d’entraîner de futures poursuites judiciaires.
Au fond, cette affaire paraît surtout servir de prétexte à la fabrication d’un biopic féministe qui se veut engagé : le portrait-type d’une self made woman indépendante, dans une mise en scène qui coche toutes les cases, mais qui demeure trop balisée et appuyée pour être réellement percutante ou suffisamment crédible. Bref, un produit formaté qui déroule son cahier des charges sans trop se soucier du reste. En résulte une vision assez clichée des startups, seule la représentation des mécanismes du harcèlement au boulot sont décrits avec pertinence.
Reste l’interprétation de Lily James, remarquable dans ce rôle d’entrepreneuse en quête d’émancipation. Ses scènes de paranoïa comptent parmi les plus marquantes du film. Le fondateur toxique avec qui elle sort est également un bon choix de casting, il dégage vraiment quelque chose de malsain dont il sait tirer parti pour faire monter la tension des scènes conflictuelles.