Une success story au féminin, est-ce que ça vaut plus le coup qu'une success story habituelle ? Pas vraiment.
C'est vrai que c'est bien de s'intéresser aux femmes qui ont changé le monde et dont on continue de taire les avancées qu'elles ont permises. Moi, je ne connaissais pas du tout cette femme qui est très responsable de Tinder, une cofondatrice que ses collègues ont caché autant que possible avant et après le scandale. Elle est aussi responsable des déviances, visiblement, le film n'occulte pas ce fait. Et c'est p'tet là que ça devient intéressant, quand la success story devient un prétexte pour parler de l'enfer vécu par des femmes dans des milieux de travail très masculins. Parce que la première moitié, franchement, il ne se passe rien de très mémorable, une ascension on ne peut plus classique sur grand écran, avec quelques larmes, beaucoup de stress, de la persévérance... et hop, elle réussit parce qu'il suffit de tout cela pour percer. Le constat grotesque habituel quoi. Mais l'aspect féministe, par contre, est moins lisse, moins convenu, en tous cas dans le cadre d'un biopic/success story. Et donc la dernière demi heure est plutôt sympa à regarder, avec ses surprises, cette reconstruction plus modeste (bon elle a l'air super riche, on nous présente sa nouvelle appli comme une bombe, mais honnêtement je n'en ai jamais entendu parler ; y a tout de même le fait qu'elle reprend aussi badoo).
La mise en scène fonctionne, c'est calibré, convenu, mais efficace. Les acteurs font bien le boulot, sans trop devoir supporter des mega stars qui feraient leur film à oascar. Les décors sont corrects, les costumes aussi. La BO passe. Le découpage et le montage sont lisibles.
Bref, rien de génial, très convenu dans un premier temps pour développer la success story, un peu plus intéressant quand ça passe à la toxicité masculine sur le lieu de travail, dans tous les cas on ne s'ennuie jamais et ça n'atteint jamais des sommets non plus. Mais ça se regarde.
PS : après, si j'en crois la carrière la réalisatrice sur la fiche SC, elle revient de loin, et même si c'est pas extra visuellement, c'est quand même plus solide que ses précédents films ; parce que bon, y a quand même Ferrel qui a travaillé avec elle probablement sans la connaître, juste parce qu'il voulait faire un film 'Life' débile et mal fichu.