Un millier de flics contre une femme seule
Passée la phase d'installation du personnage principal, le film embarque son spectateur dans ce complot, Schoendoerffer et Grangé brouillent les pistes, démontrent le piège inextricable dans lequel est tombée la jeune femme. Acculée, dans ses derniers retranchements, elle va devoir se surpasser, trouver le courage de prendre son destin en main, une héroïne comme on les affectionne.
Switch est un film frustrant. Pourquoi? Tout simplement à cause du terrible fait qu'il trébuche sur son final. Il lui manque un grand méchant crédible et le fait de prendre le risque de mieux développer certaines des histoires annexes.
Dans le cas présent, la victime, le flic et le tueur sont logiquement au même niveau. On ne peut donc forcément cacher une certaine déception quand on voit le film passer à côté du développement de ce dernier personnage. C'est sur lui que tout repose et quand arrive la fin, on se sent comme au début du film. Avec l'espoir d'une grande histoire très sombre...alors qu'au final c'est tout le contraire qui se passe. Le tueur est la partie la plus faible du film et rend du coup ce dernier un peu caduque plus les minutes passent. C'est dommage.
On aurait apprécié plus d'explications sur le plan du tueur et sa façon d'agir (le meutre de son demi-frère), mais aussi les raisons de sa vengeance. Pourquoi a-t-il des complices (Le pakistanais, Claire...)? Beaucoup de questions sans réponses.
Si l'une des forces de Switch est de surprendre avec des rebondissements quand on s'y attend le moins, il impressionne aussi par le dynamisme de sa réalisation et notamment dans certaines scènes comme celle du face à face musclée entre l'héroïne et son "double" mais surtout lors de la poursuite dans une zone pavillonnaire.
Sans révolutionner le genre, Switch s'inscrit dans la même veine qu'"à bout portant", sorti en fin d'année dernière. Avec un solide scénario, ce polar constitue un efficace divertissement.