Même en se forçant, même en acceptant la convention qui fait de Katharine Hepburn un jeune homme en apparence, à aucun moment du film on ne parvient véritablement, contrairement aux personnages du film, à se laisser abuser par le travestissement. La faute au charme de l'actrice et, sans doute, aux contingences comiques -ou dramatiques selon les moments- assez indifférentes de l'imposture et du sujet.
Sylvia Scarlett s'est ainsi déguisée afin de quitter la France à la suite d'une escroquerie de son père. En chemin, tous deux rencontrent un séduisant aigrefin.
C'est aussi à partir de ce moment que le film dévoile une construction assez curieuse et discordante. Le film de Cukor oscille entre la comédie, par ailleurs simpliste et sans subtilité, et le drame sentimental compliqué artificiellement par le travestissement de Sylvia. Les ruptures de ton sont brutales mais ni les brouilles pseudo-cocasses entre Jimmy et Sylvia, ni les attentes amoureuses de celle-ci pour le dandy n'offrent de situations intéressantes.
Les personnages sont sommaires et le sujet, qu'on peut résumer aux aventures tragi-comiques d'une jeune fille pauvre, s'appuie sur un scénario et une mise en scène plutôt faibles, à moins que d'imperceptibles finesses de Cukor m'aient échappé.