Comme on n'est forcément spécialiste du cinéma fantastique hongrois des années 40, découvrir Sirius permet un peu de combler la lacune. Pour tout cinéphile français, le film évoque le ton aventureux et rétro de ceux de Christian-Jacque. Mais aussi, plus intéressant, l'ambiance des films fantastiques de René Clair, pourtant si particulière. Sirius est donc plutôt un film dont les bons côtés sont faciles à apprécier. Certaines scènes sont absolument superbes, d'une très grande poésie, avec une musique somptueuse qui plus est. Ça, c'est pour le bon côté...
En revanche, Sirius est incroyablement bavard, et une fois notre héros envoyé dans le passé, le film tourne en rond. On y perçoit bien des références sur la situation politique de la Hongrie et de l'Autriche au XVIIIe siècle, mais on peut ne pas se sentir trop concerné. Quant à la romance à travers les âges, elle ne sort pas des poncifs requis. Surtout, le scénario n'est guère travaillé, on expédie à vitesse éclair certains aspects de l'histoire et le film est bien souvent un peu ridicule.
Reste qu'il y a de très beaux moments et rien que pour eux, Sirius est un film intéressant. Dommage que le tout ne vaille pas la somme des parties.