« Siriusly », si par hasard un gus lit les lignes que j’écris, il n’aura aucun mal à deviner que si j’ai vu ces jours-ci ce film hongrois de ce temps-là, réalisé bien des années avant Jancso et Marta Meszaros, ce n’est pas au complexe multisalles de ma ville de province, mais sur la télé de mon salon grâce à la plateforme de la chaîne Arte.
Mais ce gus aura sans doute plus de mal à deviner pourquoi j’ai voulu voir Sirius. Réponse : le visage de l’actrice principale coupé en deux et de telle sorte qu’on n’en voit que le bas, et les lèvres surtout.
Plus (ou moins) « siriusly », c’est un film de 1942 où un homme de 1942 remonte le temps mais sans qu’on fasse dedans la moindre allusion à ce qui passe autour de son pays en…1942. On y chante et on y danse comme sur le pont d’Avignon. Rien de tel pour oublier ce qui passe en Pologne et ailleurs en Europe au même instant.
Le message pourrait être « à défaut de tomber amoureux d’une personne de votre temps et de chez vous, il vaut bien mieux tomber dans le même sentiment pour une qui soit de n’importe où mais surtout pas d’un autre temps ».
Le contenu ? Une « curiosité » comme on dit, en d’autres mots, l’équivalent de « c’est original » quand on n’aime pas le plat mitonné par l’hôtesse et qu’on se sent obligé de lui dire quelque chose et qu’on ne veut pas la blesser.
Tout ça pour dire que je n’aime pas ? Disons plutôt que je ne peux pas dire que j’aime alors que je peux dire que j’aime le visage de l’actrice principale.
p.s. À propos de Hongrie, Godard, quand il était jeune et avait de l’humour, aurait pu faire dire à Bébel ou à Jean-Pierre Léaud : « Monsieur et madame Ongrois Dans Ma Cuisine ont un fils. Et tu sais comment il s’appelle ? Gédéon. Parce que… » Je ne vous dis pas la fin. Je n’aime pas « spoiler. Spoiler, c’est laid.