T’as pas changé n’ose pas, ménage trop les différents partis en présence, entrebâille des portes comiques aussitôt condamnées de peur d’heurter la sensibilité des personnages et des spectateurs ; pour compenser ce déficit satirique, alors qu’exigé par son propos et revendiqué par son auteur, dégoulinent les bons sentiments et triomphe le rachat des coupables – ce qui est d’autant plus facile que tous le sont, coupables… Les comédiens veulent paraître gentils, et la méchanceté qu’ils doivent interpréter s’émousse au contact de la méchanceté ambiante : faute de ternir leur image, on cible les vieux spectateurs des chaînes d’information en continu qui énumèrent les vérités fausses sur la crise migratoire en France. La complexité des relations humaines et l’appréhension pour un être de ses propres faiblesses, liées pour l’essentiel à l’âge et donc à la jeunesse perdue, sont remplacées par une suite de crises truculentes qui offrent à chacun et chacune l’occasion de démontrer ses talents, au sein d’une bande de potes à laquelle nous n’appartenons jamais : sortons donc nos « petits mouchoirs »…