Dawn O'Keefe croit fermement à l'abstinence chrétienne avant le mariage. Quand son petit ami tente de la violer, elle lui découpe malgré elle le pénis à l'aide de... son vagin. Plus tard, elle découvre que celui-ci est muni de dents : une pathologie très rare qui pourrait s'expliquer par des mutations dues à la centrale nucléaire à côté de laquelle elle a grandi. Horrifiée à la vue du membre sectionné, elle renonce à son anneau de pureté et va faire de nombreuses rencontres qui lui donneront l'occasion de tester son « don »...


La comédie noire (puisque c'est ainsi que le film se présente) est un genre très risqué. Il faut une bonne dose de talent pour marier avec harmonie des éléments de deux genres qui sont en théorie antithétiques. Et du talent, il n’y en a aucune trace dans Teeth. Déjà le thème : un film sur le fameux mythe des chattes pourvues de dents... ça aurait pu être marrant, dans une comédie pouët-pouët façon série Z, mais là... Jamais vraiment sombre ou inquiétant (on repassera pour le côté « noir »), servi avec un scénar inepte, avec un jeu d'acteurs correct mais une réalisation globale franchement médiocre, Teeth n'a ni la finesse, ni le recul, ni la profondeur nécessaire pour s'avérer drôle. De toutes façons, il y a 4 ou 5 scènes à tout casser qui prétendent à l’humour, et à chaque fois, c’est plus gênant qu’autre chose…


Teeth n'est pas seulement un film amateur à l'humour raté, il est aussi aussi assez dégueulasse par son message sous-jacent. Dans le film, tous les hommes sont des beaufs agressifs, des violeurs ou au mieux, des salauds considérant les femmes comme des objets — TOUS, à part peut-être le beau-père de Dawn. Si une généralisation pareille avait concerné d'autres populations, le film aurait déjà été voué aux gémonies (voire interdit) pour x-phobie ou anti-x-isme, mais quand c'est en accord avec l'idéologie progressiste, le Padamalgam n'est évidemment pas de rigueur. Sorte de X-(wo)man de la moule adaptée à la survie dans ce monde de mecs qui font du mal aux femmes (pléonasme), Dawn va passer de sainte-nitouche coincée à justicière des parties de jambes en l'air, donnant aux malotrus l'accès à sa grotte d'amour uniquement pour mieux les punir d'une morsure bien placée. Paroxysme de ce grand n'importe nawak : elle séduit son abruti de demi-frère (amoureux d'elle) pour lui faire subir ce traitement vengeur car elle le juge responsable de la mort de sa mère, ainsi que... d'un jeu de touche-pipi quand ils étaient gosses.


C’est dire le niveau, et le malaise global de ce film. Si on avait demandé à un débile léger d’incarner une caricature de l’esprit #MeToo sur pellicule, le résultat n’aurait pas été différent. Pourtant, même si on a une idée de blague potache en-dessous de la ceinture diluée dans du rien pendant 1 h 30, on n’a pas affaire à de la crétinerie débridée façon American Pie ou du Mickaël Youn : l’ensemble est réalisé avec suffisamment de ruse idéologique pour que les gens les plus tsoin-tsoin y voient une allégorie de la sexualité réprimée ou de la domination du patriarcat… Encore pire, car si on ne rit pas avec les films de Youn, on peut au moins rire d’eux ; chose impossible avec la daube prétentieuse de Lichtenstein, qui peine à susciter autre chose que la consternation.

C4r4mel
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le 29 janv. 2024

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